En 1950, dans le quartier de Naniwa-ku, les ruines d’une usine de tabac détruite pendant le bombardement d’Osaka sont rasées pour laisser place à un stade de baseball. Il est construit par la compagnie ferroviaire Nankai, sur un terrain jouxtant sa gare. C’est l’architecte moderniste Junzo Sakakura qui signe l’ouvrage. En 1989, après la revente des Nankai Hawks, le terrain de baseball de l’Osaka Stadium, racheté par la ville, est transformé en lotissement témoin par des promoteurs immobiliers.
Les citadin·e·s-client·e·s ont pu se rendre en voiture dans l’enceinte du stade, se garer sur le parking faisant face aux maisons, et parcourir les trois ruelles piétonnes bordées d’une vingtaine de model homes inspiré par le style états- unien. Détruits en 1998, l’enceinte du stade et son parc immobilier laissent finalement place en 2007 au complexe de Namba Parks, avec son mall aux jardins suspendus, et ses deux tours, l’une de bureaux, l’autre résidentielle avec un accès privatif au jardin.
D’un site industriel à un espace d’entertainment franchisé, lui-même transformé en entreprise promotionnelle, avant, enfin, de devenir un espace de consommation et de travail tertiaire : l’histoire du site de Namba est un condensé de près d’un siècle d’un capitalisme mondialisé. Mais elle est aussi, à une autre échelle, la synthèse de l’histoire du Japon au XXe siècle, transformé par la mondialisation et l’influence états- unienne. |