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ARTISTES
DE A à Z


Danielle JACQUI 

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Je travaille par amour du travail, je veux dire de ce travail qui est un tout. Je vais au bout, à l'extrême bout de ce que j'entreprends. Je sais ne pas m'éparpiller ni sacrifier l'essentiel au secondaire. Dès que j'ai eu conscience de ma potentielle capacité artistique je me suis projetée dans le temps, sur un chemin à longue distance. Et même si j'ai manifesté quelque impatience ici ou là je me suis toujours aperçue que le temps, seul peut forger l'oeuvre-ŒUVRE. Donc je peux travailler trois ans sur une pièce (broderie par exemple), chaque pièce entrant ensuite dans le TOUT et participant de l'ensemble. Lorsque j'ai enclenché une oeuvre ou un projet je me sens responsable quelque part et j'aurais honte de m'en démettre ou de le bâcler. Le problème vient de mon imaginatif qui construit des projets qui tiennent le plus souvent de l'utopie, surtout lorsque ce projet implique le collectif : participation à une exposition, réalisation renouvelée de la façade de la maison, ou festival d'art singulier. La décision première, le rêve ou la volonté cachée ne moi présume de mes forces, mais lorsque je suis engagée je ne peux plus reculer et je deviens alors mon propre bourreau. Mais la capacité de former ces projets et de les réaliser est directement liée au lent travail sur moi-même et dans la durée de l'aventure artistique.
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Je me voudrais souvent ailleurs, plus dans le savoir-faire et dans la perfection de ce savoir-faire. Mais en même temps je me rends très bien compte de la qualité même de mon travail né de mon non savoir-faire, de l'imperfection et de l'appesantissement sur l'imperfection.
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Au départ la qualité même de mon expression tenait du fait que je transcrivais en direct comme une empreinte l'histoire de ma vie. C'est ce qui en fait pour le spectateur capable d'y entrer la qualité intrinsèque. C'est inversement ce qui en provoque le rejet pour ceux qui privilégient la notion d'art singulier et ses critères qui n'ont pas forcément ce que Laurent Dauchin nomme le regard du peintre (clin d'oeil à Laurent), et pour réunir les extrêmes, je dirai que Gérard Seudrey avait évoqué le hors abécédaire ordinaire, nécessaire pour entrer dans mon art. (...)

Extraits d'un entretien entre Danielle Jacqui et Hong Mi-Jen, paru dans le Bulletin de celle qui peint, janvier 2001


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I work for the love of work, I mean this work which is a whole. I go all out, to the extreme limit of what i undertake. I don'tknow how to spread myself thin nor sacrifice the essential to the secondary. As soon as I became conscious of my potential artistic capacity, I projected myself in time, on a long distance path.
And even if I showed some signs of impatience here or there I always realized that time alone could forge the work. I can thus work three years on the same piece (embroidery for example), each piece entering the whole afterwards and participating in the ensemble. Once I've started a work or a project I feel responsible for it in a way and I'd be ashamed to dismiss it or speed through it. The problem comes from my imagination which constructs projects that are most often utopian, especially when the project implicates the group: participating in an exhibition, a renewed reworking of the facade, or festival of singular art. The first decision, the dream, or the hidden will in me grant me strength, but once I've begun something I can no longer retreat and I become at that point my own torturer. The ability, however, to form these projects and realize them is directly tied to the slow work I carry out on myself and in the duration of the artistic adventure.
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I often wish to be elsewhere, dealing more with know-how and perfection than this know-how. But, at the same time, I realize perfectly well the work's quality coming from my know-how, of imperfection and the strengthening of imperfection.
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Initially the very quality of my expression came from the fact that I transcribed my life story in direct, like an imprint. This makes up the intrinsic quality of the work for the spectator able to enter into it. Inversely, it is what provokes rejection for those who privilege the notion of singular art and its criteria who don't necessarily have what Laurent Dauchin calls the painter's vision (a nod to Laurent). TO bridge the extremes, I'd say that Gerard Seudrey had mentioned the out of the ordinary ABC's, needed to enter my art(...)
Excerpts from an interview between Danielle Jacque and Hong Mi-Jen, appearing in the bulletin of she who paints, January 2001







Techniques et matériaux


peinture à l'huile, laque / oil painting, lacquer
dessin, crayon de couleur, mine, encre de chine / drawing, colored pencil, lead, india ink
broderie / embroidery
créations de mode / fashion creations
mural / mural
"céramiquage" / "ceramication"
sculpture / sculpture
meubles investis / works using furniture
installation, performance / installation, performance
poésie, musique / poetry, music
cuisine / cooking
Mots Index


vibration
traverser l'éther/les terres / traverse ether/lands
chemin de vie / walk of life
univers / universe
saga
champs de références


«Mon désir le plus évident serait de rencontrer Steven Spielberg parce qu'il me fait rêver, j'aimerai qu'il filme ma saga.»

"My greatest wish is to meet Steven Spielberg because he makes me dream. I'd like him to film my saga"