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| Je travaille sur la relation entre la sculpture et le vivant. Ma pratique privilégie la performance, la sculpture, l'installation et l'image photographique et vidéo. Je questionne les aspects poétiques et politiques de résistance du corps à travers le pli, la lenteur, le vide, la douceur, le silence et le tremblement. J'utilise les outils de l'image pour saisir l'aspect plastique, sculptural et insaisissable de la lumière du soleil en interaction avec différentes surfaces naturelles et artificielles.
Je réalise des performances de longue durée semblable à des sculptures vivantes qui se transforment dans le temps et l'espace pour prendre différentes formes plastiques. Mes performances se chargent des espaces, paysages, personnes, météo, faune et flore rencontrés et éprouvés dans la structure osseuse et musculaire. Comment rencontre-t-on un paysage, un corps, une matière, une architecture avec son corps et ses organes ?
Je travaille sur la création d'ambiances en faisant dialoguer la lumière, le son avec des matériaux mous ayant des particularités perceptives et sonores singulières. Ces matières souples, moelleuses, friables peuvent être blanches, brillantes, transparentes, floues, réfléchissantes. Un travail sculptural autour de l'haptique, de la proprioception et de la synesthésie où la frontière entre l'organique, le mécanique et le numérique s'entremêlent, se répondent et se brouillent.
J'interroge les dimensions philosophiques de la peau et du territoire, de l'écoute et du paysage, de la météorologie et du climat. La porosité entre le corps, l'acoustique, les éléments naturels et l'ambiance des espaces architecturaux. Je travaille avec l'interface de l'épiderme : lieu de convergence entre le dehors et le dedans. La résonance de tous ces lieux, territoires que l'on porte en nous et qui nous portent, nous habitent, nous font fantasmer.

© Quentin Chevrier
Née en 1991 à l'Isle-d'Espagnac en Charente, Jenny Abouav vit et travaille à Marseille. Sa pratique artistique privilégie la performance, l'installation et l'image photographique et vidéo. Elle travaille sur la relation entre la sculpture et le vivant aux travers des aspects poétiques et politiques de résistance du corps à travers le pli, la lenteur, le vide, la douceur, le silence et le tremblement. Après une formation universitaire à Bordeaux en Études Cinématographiques et Audiovisuelles, Jenny Abouav part vivre 5 ans à Montréal pour étudier à l'UQAM en Arts Visuels et Médiatique puis en Médias Interactifs et Création sonore. Elle s'installe à Marseille en 2016 et obtient son DNSEP avec mention à l'École supérieure d'art d'Aix-en-Provence en 2018. Elle présente son travail en France et à l'étranger, notamment à la Casa de Velázquez à Madrid, au centre Wallonie-Bruxelles à Paris, au Festival Parallèle à Marseille, au GMEA d'Albi-Tarn ou encore au Festival Performance Crossing à Prague, au festival ATM: OMNI à Séoul, au Festival International de performance de Riga. Elle a été lauréate de la résidence Kafila 2023 – caravane culturelle et scientifique avec l'Institut français du Maroc.
« Mystérieux, ce pourrait être le mot qui colore les oeuvres de Jenny Abouav. Cette jeune artiste reste à l'ombre de ses créations tout en les portant avec sa présence. Son geste performatif s'affirme à l'aide de diverses stratégies de camouflage. Celles-ci deviennent des éléments clés dans ses performances. Jenny Abouav dissimule le corps humain et le transforme en sculpture. Jenny Abouav se sert du corps, de la sculpture, de la lumière et du son. Ce dernier prend souvent une place particulière dans la pénombre, elle le sculpte comme un matériau en détournant des bruits quotidiens, corporels ou encore venant de la manipulation de ses volumes. Le travail de Jenny Abouav incite celui qui regarde à voir avec ses oreilles, d'entendre la lumière et de sentir les matériaux. »
Maria Landgraf, artiste et curatrice, 2018
Entretien avec la curatrice Constance Meffre, 2019
https://diffusingdurableart.org/jenny-abouav/
La douceur fait apparaitre l'écart entre ce qui est là et qui échappe. Le charnel et le spirituel, mais pas seulement, aussi tous les écarts, les ellipses(...) Attenter à la douceur est un crime sans nom que notre époque commet souvent au nom de ses divinités : l'efficacité, la rapidité, la rentabilité. On tente de la rendre désirable, échangeable, institutionnalisable, pour qu'elle ne bouleverse pas tout.
« La puissance de la douceur » de Anne Dufourmantelle
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