Entre le mot et le monde
« L’événement n’est pas ce qui arrive, il est, dans ce qui arrive, le pur exprimé qui nous fait signe et nous attend » Deleuze
Dans son livre L’aventure, Giorgio Agamben cite tour à tour Deleuze, Benveniste et Bréhier pour parler des différents visages que l’aventure présente à l’homme.
« C’est Emile Benveniste qui a montré que l’ici et le maintenant – comme aussi le je et le tu -, à la différence des termes qui renvoient à une réalité lexicale, sont des indicateurs de l’énonciation et ne prennent une signification qu’en relation avec l’instance de discours qui les contient et, en dernière analyse, au locuteur qui les prononce. »
C’est ce dicible que le locuteur, changé en médium photographique, cherche à saisir - entre le mot et le monde - un hommage au caractère incorporel de l’événement-aventure – le brusque surgissement de l’invisible matérialisé ici par la proximité du volcan Stromboli. L’aventure est alors un monde où tout peut disparaître, à tout instant, « ici » et « maintenant ». |