John DENEUVE 

 
 
No hay camino, hay que caminar 2013
Château Grand Boise, Trets
Réalisation Atelier Ni – Coproduction Voyons Voir / Atelier Ni
Festival des Arts Éphémères, Marseille, 2014

La sculpture "No hay camino, hay que caminar" a été coproduite par Voyons Voir et Atelier Ni dans le cadre de "Ulysses et le temps" - un Itinéraire d’art contemporain à Marseille capitale de la culture 2013. La ville de Marseille a été fondée par les grecs, qu'ils nommaient Massilia, et s'interroger sur Marseille peut évoquer Ulysse qui pendant son long périple a parcouru il y a longtemps les côtes de la Mer Méditerranée.
Dans la version animée contemporaine "Ulysse 31", Ulysse est accompagné de Télémaque, Thémis et Nono. Ce dernier personnage, qui n’existe pas dans le mythe originel, est une addition du monde du marketing. Il représente une mascotte de la pop culture, un personnage de la société du spectacle au même titre que Casimir ou R2D2. Le titre de l'oeuvre "No hay camino, hay que caminar" fait référence à une oeuvre du compositeur italien Luigi Nono. Inspiré par cette phrase inscrite sur le mur d'un cloître de Tolède : "Caminantes, no hay caminos, hay que caminar " ("Vous qui marchez, il n'y a pas de chemins, il n'y a qu'à marcher") au dessus d'un calvaire où sont déposés crânes et ossements nous renvoyant à notre un inéluctable ; le compositeur dit à propos de celle-ci "C'est le Wanderer de Nietzsche, de la quête perpétuelle, du Prométhée de Cacciari.
C'est la mer sur laquelle on va en inventant et en découvrant sa route".
Dans cette œuvre j'ai tenté d'évoquer le temps, l'exil, l'errance et les étapes au travers d'une quête de vérité inatteignable.
La sur-sollicitation des médias nous projette dans un univers à part, où la réalité du quotidien n'a plus beaucoup de sens, subissant la multiplication du néant, l'uniformisation et la pensée unique. Ce crâne de robot qui ne peut réellement mourrir renvoie à la foi au calvaire de Tolède ainsi qu'au drame de l'existence qui nous taraude de l'intérieur. L'aspect kitsch, loin de la gravité de l'oeuvre de Luigi Nono, renforce la dimension comique de la situation : il semble nous regarder, accessible et joyeux. Pour autant, cette invitation à l'Utopie n'est ni le wanderer ni Prométhée juste un constat d’échec : la présence éternelle d'un monde d'artifices et ersatz.
 
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