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ARTISTES
DE A à Z


Pascal MARTINEZ 

1% artistique Direction des Opérations funéraires de Marseille

rue Saint Pierre, Marseille

ANNÉE en cours de réalisation

COMMANDITAIRE Ville de Marseille

MONTANT DU 1% 45.000 euros

MAÎTRE D'ŒUVRE ILR architecture

ILR est une agence d'architecture créée en1995 par les architectes Roland ISNARDON, François LACUBE, jacques REDONDO.
Depuis cette date, ILR architecture intervient dans le cadre d'opérations publiques des domaines scolaire, universitaire, culturel, social et plus généralement, dans la conception d'espaces de travail et de vie communautaire.
A ce titre, des notions telles que l'ergonomie et l'accessibilité, mais également le confort et la qualité des ambiances prennent une importance capitale dans le travail de l'agence.
C'est en effet ici à partir de l'usage et du contexte que s'élabore une démarche de conception, y intégrant une histoire, une poétique interne au projet.
L'application patiente de ces principes doit permettre de concevoir une architecture à la fois plus fonctionnelle et plus humaine. Une approche qui caractérise bien les méthodes de conception de l'agence et repose sur une organisation "non linéaire" du travail d'équipe.
Vue du bâtiment

ŒUVRE

Croquis préparatoires du projet

PROJET

Tout d'abord nous avons l'impression que le bâtiment est compartimenté. De l'extérieur on peut apercevoir un quadrillage de béton. La légèreté du lieu est donnée par des pleins et des vides et surtout par des modules en relief. Il ressort une impression d'organisation qui pourrait être trop carré si à l'intérieur les transparences n'offraient pas à voir une certaine fluidité. Ici la mort ne se
cache pas, elle s'organise. Le lieu offre des coins de recueillement dans l'attente de voir les conseillers. Des ouvertures sur les bureaux, sur le jardin évitent aux familles d'être trop isolées. Le passage vers la salle d'exposition se fait par la passerelle et traverse le jardin qui accueille le projet artistique. Une passerelle simple, fermée mais ouvert sur l'extérieur grâce à des murs de verre. Cette passerelle symbolise parfaitement l'idée de passage.

La direction des Opérations Funéraires reçoit un public fragilisé qui est en attente de conseils et d'accompagnement. Son attention visuelle et intellectuelle est amoindrie par la perte d'un proche. Il n'est pas question dans ces conditions de demander au public de lire et de comprendre une oeuvre. Celle-ci doit accompagner le public, elle doit glisser près du spectateur, se faire discrète, alléger sa douleur.

La proposition artistique a aussi l'obligation d'être en harmonie avec le bâtiment et son environnement.
J'ai voulu dès le départ mettre en avant une structure qui s'associe à la grâce et à l'équilibre. Une structure sans fin, d'une certaine finesse qui n'arrête pas la vue du public. Une forme qui rassure, qui offre une impression de non rupture et qui symbolise la légèreté.

Mon choix s'est ainsi porté sur une structure sphérique et transparente. Forme qui correspond exactement à la vision que je souhaite offrir au public.
La sphère symbolise la renaissance, la fécondité et la sécurité. Elle représente une forme de perfection esthétique.

- traitement spécial de la transparence
- esthétique dans la géométrie
- symbole de la surface de la terre et des planètes en général
- relation entre le vide et la légèreté

Très rapidement mes recherches m'ont amené à m'intéresser à la bulle de savon qui au premier abord, est liée à l'enfance. Le goût de l'enfance ! Sentiment bien contradictoire avec l'utilisation de la direction des Opérations Funéraires. Cette contradiction me semble nécessaire pour équilibrer la lourdeur de sens que peut engendrer un tel bâtiment. Il est primordial de donner à voir au public un objet sur lequel il va pouvoir moralement s'appuyer.
Documents de travail. Jean-Siméon CHARDIN, Les bulles de savon, 1734 et Simon RENARD DE SAINT-ANDRÉ, Vanité, c.1650

Le genre apparaît au XVIIè siècle d'abord aux Pays Bas puis il rencontre un grand succès dans les pays catholiques. Ce sont pour beaucoup des peintures à caractère moral rappelant l'aspect éphémère de la vie et le triomphe de la mort. Les vanités dans la nature morte sont les symboles du temps et de la brièveté de la vie.

Ici, la bulle de savon ne représente pas la corruption, la fuite du temps, la vanité des biens ou la vérité de la résurrection et de la vie éternelle. Elle donne simplement à voir la fragilité de la vie mais elle peut aussi représenter la beauté et les plaisirs.

Le choix du verre permet de préserver ces symboles de plaisirs, de vie, d'insouciance, de légèreté et fige ainsi le caractère éphémère.
Ma volonté est d'arrêter le temps et de sauver les apparences en jouant sur cette dualité vie/mort. Je souhaite geler la fragilité, la poser délicatement au sol et donner une sensation de plénitude. De chaque coté de la passerelle le public pourra voir un «champs» de bulles posées délicatement.
La sphère apporte un apaisement et donne une sensation de cocon prêt à éclore. C'est une installation poétique qui parle de la vie et de la beauté d'une existence fragile.

Les bulles viendront ponctuer le passage reliant les deux bâtiments sans pour autant altérer l'espace architectural. Elles jouent sur la transparence et s'intègrent parfaitement dans l'environnement.
Esthétiquement parfaites, quasi divines pour certains, sphères et boules sont l'objet de toutes les envies et les convoitises. Elles sont encore aujourd'hui sources de fascinations pour les scientifiques et les artistes. Les uns ont voulu percer leurs mystères, les autres se sont inspirés de leur beauté et tous y ont vu différents symboles.

Pour la direction des Opérations Funéraires, je souhaite poser dans le patio 19 sphères en verre. Celles-ci seront vernies pour obtenir une irisation et afin de les identifier à des bulles de savon. Elles habilleront le patio de chaque coté de la passerelle sur un revêtement choisi en collaboration avec l'architecte.
J'ai choisi trois diamètres différents (60, 50 et 40 cm) pour accentuer l'impression de légèreté.