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ARTISTES
DE A à Z


Cédric TEISSEIRE 

L'ABSTRACTION HERO (sur Cédric Teisseire)
English translation, click here


En 1993, John Mc Tiernan réalise Last Action Hero, un film d'action parodique avec Arnold Schwarzenegger ; le film raconte l'histoire d'un super-flic de cinéma confronté par magie à la grossièreté du Réel.
" Le cinéma des gens ", Florence Quatre et Patrice Bourlon

Marcessibilité : n.f., qualité de ce qui se peut ou est destiné à flétrir. La peinture est marcessible lorsqu'elle est mal préparée.
" Mon dictionnaire de la peinture ", G. Dellsperbrice

Rainer : Est-ce que faire abstraction, c'est forcément se poser contre la figure ?
Jutta : Je ne comprends pas. Se poser quoi contre la figure ? Une escalope ? Un gant de toilette ?
Rainer : Contre la figure en général. Je parle de toutes les figures. D'une figure abstraite en quelque sorte.
Jutta (elle se frotte la figure) : Hon hon...
" Abstraktion, exakt neutral " (in " Théâtre complet "), Lukas Modschiedler

La peinture, c'est une occupation comme une autre ; une occupation de surface surtout. Les deux questions qui préoccupent n'importe quel peintre sont (par ordre d'apparition à l'écran) : Quoi mettre ? Où et quand s'arrêter ? Les fous, les retraités, les golfeurs et dans une moindre mesure, les chats s'y adonnent (avec parcimonie, bien sûr).
Préface à " La peinture des autres ", Jean-Michel Spreux

Contre le mauvais goût petit-bourgeois ou populaire qui n'aime que les fleurs, les écureuils et les satisfactions immédiates ? Il n'aime que ce qu'il connaît, ce goût petit ; il n'a de satisfaction que ce qu'à l'usure la vie matérielle lui abandonne. Il n'a que ce qu'il mérite, soit. Mais la grande bourgeoisie n'aime et ne connaît, pareillement, que ce qui va avec son canapé. Son canapé est plus grand, plus joli, ses murs plus blancs et plus vastes. Son cadre de vie mérite plus d'emphase. Elle n'aime que son canapé. Le canapé n'a que ce qu'il mérite.
L'abstraction de combat n'est qu'un dénouement commode de la peinture ; illusion nécessaire de l'analyse pseudo-radicale qui permet le plus souvent de jeter un pont de fortune sur le vertigineux précipice du devenir-décoratif de toute oeuvre d'art. C'est le bouclier de mauvaise foi qui ne protège de rien sinon des coups aveugles qu'on risque de se donner sans le faire exprès quand on est ivre de sa puissance. Et c'est parmi les chantres de l'abstraction guerroyante que se recrutent les plus zélés faiseurs de ponts...
" Arrêtez de faire les ponts ! ", Archibald Dortmunder.
- Alors vous le saviez ? C'est du joli...
- Et depuis le début... C'est comme du mobilier. On l'a sous les yeux, on n'y fait plus vraiment attention dans l'ensemble, on ne remarque que les petites variations, les subtilités de la couleur et des arrangements... çA me repose. Vous savez, je ne suis pas un soldat...
" Les cartes fantastiques ", Stanley Chekroun

Et ainsi va la dialectique historique de la représentation : si l'objet (c'est-à-dire le sujet, au sens classique) de la peinture figurative c'est toujours le monde (ou n'importe laquelle de ses sous-parties), l'objet de la peinture abstraite, en revanche, c'est éminemment la peinture elle-même. Et très visiblement dans sa période héroïque (historiquement les années 50-60, géographiquement les État-Unis d'Amérique). La peinture abstraite y constitue alors le champ privilégié de l'affirmation de cette toute-puissance qui agit le sujet-peintre ; elle crée des mondes et s'y déploie, dispose du tableau, de la surface et de l'espace comme si rien n'existait en dehors . Le cinéma hollywoodien également, mais dans une moindre mesure. Il a pour lui l'étendue, le gigantisme, la couleur ; il lui manque l'ego.
" La peinture lutte ", Marc Politour

La pesanteur étant une force indépendante d'une volonté (de toute volonté), partout et tout le temps à l'oeuvre (pour ce qui est des régions qui nous concernent en tout cas), elle est comme le passage du temps (serait-elle le passage du corps ? [...]), indifféremment et couramment subie. Elle est ce qui agit nos corps sans qu'on y pense.
La chute guette en permanence l'être en vie (le mort étant, par commodité, couché). La vigilance et les prothèses seules préviennent la chute et le fracas des os, l'éclatement des chairs et la tristesse d'avoir abîmé quelque chose.
L'inéluctable va de haut en bas. Tout ce qui tombe est frappé du sceau de l'inéluctabilité et court à sa perte.
La tristesse est ce qui accompagne cette perte [...].
La tristesse va de haut en bas ; l'espoir monte. (La tension aussi parfois).
L'horizontal est calmement immobile. Charme doux de l'horizon qu'on peut voir... Mais parfois l'horizon se dérobe à nos regards. Non pas de par sa propre volonté, c'est sûr. Mais parce qu'on nous le bouche. Parce que quelque chose fait écran. L'écran est une intervention, l'écran est très peu naturel. L'écran est une nuisance. Et la peinture fait écran, dès qu'elle peut.
" Renverser la valeur, une histoire picturale de la chute ", K.-R. Aaras-Martinot

Les aphorismes de l'objet et la ré-instrumentalisation truquée des formalités de l'abstraction (lignes, taches et monochromes) participent du jeu de ce qu'on pourrait nommer l'effet de Réel, et qui, dans certaines oeuvres assez récentes, tend à se substituer à la tentation picturale, comme s'il ne s'agissait plus de faire oeuvre, mais de faire présent, de faire ici. Dès lors, cette présence (qui semble s'exprimer plus souvent qu'à son tour sous la forme d'une injonction, ainsi qu'on le constatera plus loin), c'est la turbine par où l'ego, tout à la fois, meut la machine bridée du Désir post-héroïque et expulse les scories de l'espèce d'émoi nostalgique qui le consume encore.
" Eric Teissier, parcours d'une oeuvre ", Pascal Benazri-Ritleng

Eh quoi ! tout est sensible!
Pythagore

J'ai visité l'autre jour une exposition dont vous n'étiez pas. Il y avait, au milieu d'un arrangement ethnographique de choses auxquelles je n'entends rien, deux ou trois masques qui tout de suite m'ont intrigué et j'ai pensé à vous.
Ils sont océaniens, en bois peint, de calibre raisonnable (pour des masques, quoique visiblement un peu lourd) ; ils affichent un air serein, troublé à peine par quelque chose qui leur coule (a coulé, plus exactement) sur les joues, en filets minces et serrés, comme des larmes multicolores.
Vous savez ma curiosité prudente ; j'examine pourtant d'un plus près. Mais ces larmes ne ruissellent pas d'un oeil. Elles sont l'oeil lui-même, sa continuation, son destin et comment il s'accomplit. Les cercles concentriques qui en composent la pupille (et l'iris, le blanc, les paupières, les cils, etc...) dégoulinent en rayures polychromes sur des joues lisses et noires. L'oeil ne pleure pas, l'oeil est pleuré.
Ces masques sont des objets de transfert taillés pour le deuil. Le masque pleure pour vous tandis qu'on vous enfouit l'être cher (notez la débauche de passivité...).
Ce deuil océanien est tout entier concentré dans une fuite verticale de la couleur qui se substitue à celle de la douleur.
Mais ailleurs, au fond, je crois que c'est souvent pareil. Ainsi va le deuil, de haut en bas...
" Lettres à ma belle-soeur ", Julienne Momobakou

La verticalité ramène bien sûr la peinture au pragmatique de sa condition physique, à son statut de chose, à l'effet de réel que procure son épaisseur.Et lorsqu'elle a coulé de haut en bas, on ne peut plus nier que quelque chose a eu lieu (pas un acte ; en deçà d'un acte, une action). Quelque chose d'irrémédiable et de déterminé. Quelque chose d'arrêté, aussi ; arrêté par le bord du tableau ; pas tout à fait arrêté cependant. En tout cas quelque chose a eu lieu dans ses limites et ce qui a eu lieu, ensuite, en dehors du châssis, est visiblement autre.
Donc un territoire. Et son débordement, mais aussi un rappel de la fonction-écran du tableau ; de cette verticalité protocolaire de la monstration qui prolonge le symbolisme de la fenêtre.
" Chute-décor ", René Ramos

Dès lors, l'acrobatie, c'est ce qui brave avec ostentation la pesanteur, c'est-à-dire ce qui se mesure avec elle à armes ostensiblement inégales. L'arrogance précaire du vivant, en quelque sorte.
" Sur les rampes, les métonymies du skate-board ", Sylviane Audoin-Teboul

Le peintre Merodack disait qu'il tenait sa vocation d'un ancêtre marin qui lui avait laissé dans le sang l'instinct de la ligne horizontale, et d'un ancêtre bûcheron qui lui avait légué le sens de la verticale. Le peintre Rimbert n'a certainement que des bûcherons dans sa famille
" Chronique de la montagne du 30 juin 1953 ", Alexandre Vialatte

Il n'y a nulle part de place laissée au vide. Il n'y a pas non plus de remplissage, ni de saturation. Le fabriqué est économe, peu gourmand en ressources plastiques, avec toute la rigueur approximative de la façon artisanale. Ce qui a été fait une fois doit pouvoir être reproduit à peu près. Les variations du hasard font le reste. Car le jeu de la répétition formelle n'est pas une réitération ; mais, comme le dit Witold Gombrowicz, " une loi de la réussite artistique qui charge et fait changer de charge ce qu'elle répète ".
" La sirène et le pantalon, tentative d'épuisement d'un lieu pharisien ", Ernesto Fi

Ce n'est pas de la disparition, mais de la désapparition ; ce qui n'a plus la force d'apparaître là, quand et où ça devrait. Comme dans : " Y a de moins en moins de printemps ". Et puis un, jour, sans qu'on sache pourquoi, il n'y en a plus du tout.
" Juste une mise au poing ", Stéphanie Thantruong

Peu de gens savent combien il a fallu être triste pour ressusciter Carthage.
" Correspondance ", Gustave Flaubert

Mais je devrais dire : ce que vous faites dégringole, car je ne crois pas que vous peigniez réellement. Vous agissez, vous fabriquez, vous transformez, vous déclenchez, vous révélez, mais vous ne peignez pas. Vous ne peignez plus. Vous concevez des images de la peinture (de la peinture abstraite, qui plus est). Votre peinture travaille le deuil du peint, et plus précisément de ce geste de la clôture du peint (celui qui parachève le tableau). Si généralement vos oeuvres commencent dans la couleur, les pinceaux à la main, sous les auspices de la nécessité, elles finissent toujours livrées aux aléas de la contingence. Vous préférez au peint complet de l'artisan le peint demi du réalisateur (qui met en branle et puis délègue la finition). Notamment ce peint demi américain, tranché, héroïque et globalisant, qui balaie d'un revers notre goût bourgeois pour la croûte.
" Le peint total, mes billets à Heinrich Dreiser", Micheline Combat

Ce que le couteau a peint, nul ne peut le dépeindre.
Proverbe catalan

La nécessité se retrouve dans la conformation d'une intention à un modèle canonique (le monochrome, par exemple), ou dans l'expression d'un déterminisme (la coulure, pure détermination linéaire).
La contingence (opposé et non contraire de la nécessité) est-ce qui parachève le tableau.
Il y a aussi une certaine forme de désespoir à l'oeuvre chez [...] ; comme si, sans cesse, le peintre répétait : " et puis voilà comment finir : n'importe comment, puisque je ne sais plus comment finir. Laissons parler la contingence. " Alors faut-il :
Dynamiter les sorties quand on ne sait pas sortir ? Dynamiter les sorties plutôt que d'avouer qu'on ne sait pas sortir ? Dynamiter les sorties parce qu'on ne veut pas sortir comme les autres ? Dynamiter les sorties parce qu'on ne veut pas que les autres sortent par là ?
" En France, tout finit par des contingences ", Geignard Colombo

Il s'agissait d'occuper une étendue, mais de l'occuper uniformément comme l'aurait fait un gaz (avec constance et plénitude).
" A droite de la main de Dieu, il y a la main gauche de Dieu ", Gédéon et Lourdès Bleuzes

Orange : la couleur orange est désormais une marque déposée par France Télécom. Les autres couleurs sont encore libres de droits.
" La gazette des couleurs ", Béatrice Le Dentu

Maxime Matray

ABSTRACTION HERO (on Cédric Teisseire)

En 1993, John Mc Tiernan realizes Last Action Hero, a parodic action film starring Arnold Schwarzenegger. The film tells the story of a cinema super-cop confronted by the magic and crudeness of the Real.
"The people's cinema", Florence Quatre et Patrice Bourlon

Putrescent : n.f., quality describing that which can or is destined to rot. Paint is putrescent when it is poorly prepared.
"My dictionary of painting", G. Dellsperbrice

Rainer: Is abstract art against the face?
Jutta: I don't understand. What's against your face? A cutlet? A washing glove ?
Rainer: Against the face in general. I mean all faces. Something like an abstract face.
Jutta (rubbing her face) : Hmmm...
"Abstraktion, exakt neutral" (in "Complete theatre works"), Lukas Modschiedler

Painting, is like any other occupation, especially when it concerns the occupation of surface area. The two questions that worry no matter which painter are (in order of appearance on the screen): What to wear? Where and when to stop? Madmen, retirees, golfers and to a lesser extent cats practice it (sparingly, of course).
Preface to "The others'painting", Jean-Michel Spreux

Against petit-bourgeois or lower class bad taste, which likes only flowers, squirrels and instant pleasure? He likes only what he knows, this petty taste. His only satisfaction comes from what material living abandons to him through wear and tear. He gets what he deserves. So be it. But, parallel to that, the bourgeoisie only likes and recognizes that which goes with its couches. Its couches are bigger and prettier. Its walls are whiter and more vast. Its life style deserves more emphasis. It likes only its couch. The couch gets what it deserves. Combat abstraction is only a convenient dénouement of painting; the necessary illusion of a pseudo-radical analysis which most often allows one to toss a rope bridge across the vertiginous precipice of the becoming-decorative that is the destiny of all artworks. It is the shield of bad faith which protects one against nothing save for the blind blows one is liable to unintentionally inflict upon oneself drunk on power. And it is among the cantors of warring abstraction that the most zealous bridge builders can be recruited...
"Stop making those bridges !", Archibald Dortmunder.
- So you knew? It's pretty...
- And from the beginning... It's like furniture. It's there in front of your eyes, but you don't really pay attention to the ensemble. Instead, you notice only the small variations, subtleties in the color and the arrangements... that relaxes me. You know, I'm no soldier...
"The fantastic maps", Stanley Chekroun

And so goes the historical dialectic of representation: if the object (that's to say,subject, in the classical sense) of figurative painting is still in the world (or no matter which one of its sub-parts), the object of abstract painting is, on the contrary, eminently painting itself. And very visibly so during its historical period (historically, the 50's and 60's, geographically, the United states of America). Abstract painting then represents a privileged field for the affirmation of this omnipotence that activates the subject-painter. It creates worlds and deploys itself, disposes of the picture plane,area of the surface and space as if nothing else existed beyond it. Hollywood cinema does the same but to a lesser extent. It has the space, the giganticism, and the color in its favor, but it lacks the ego.
"Painting struggles", Marc Politour

Gravity being a force independent of will (of all will), always and everywhere at work (for the regions that concern us in any event), is like the passing of time (might it also be the passing of the body ? [...]), accepted and beared indifferently. It is what activates our bodies without us thinking about it.
The fall is constantly on the lookout for the living being (the dead being, by preference, supine). Only vigilance and prostheses can prevent the fall and the breaking of bones, the shredding of flesh and the sadness at having damaged something.
The inescapable goes from top to bottom. Everything that falls is smitten with the seal of inescapabality and speeds towards its demise.
Sadness is what accompanies this loss [...].
Sadness goes from top to bottom. Hope increases. (Tension also at times).
The horizontal is calmly immobile. The sweet charm of the horizon that can be seen... But sometimes the horizon escapes our vision. Not through its own will, of course, but because one obstructs it. Because something acts as a screen. The screen is an intervention, the screen is not very natural. The screen is a nuisance. And painting acts as a screen as soon as it gets the chance.
"Reverse the values, a pictorial history of the fall", K.-R. Aaras-Martinot

The object's aphorisms and the faked re-instrumentaliztion of abstraction's formalities (lines, stains, and monochromes) take part in a game one could call the effect of the Real, and which in certain rather recent works, tends to take the place of the pictorial temptation, as though it were no longer a question of making a work, but of rendering something present, of rendering it here. From that point on, this presence (which seems to express itself more often than not in the form of an order, as can be observed further on), serves as the tmotorby which the ego moves the machine kept-in-check of post-heroic desire and expulses the dross of that nostalgic emotion that continues to consume it.
"Eric Teissier, the evolution of an oeuvre", Pascal Benazri-Ritleng

What's the big deal! Everything is perceptible!
Pythagorus

The other day I visited an exhibition in your absence. There, amidst an ethnographic arrangement of things I know nothing about, were three masks that tickled my curiosity and I thought of you.
They are Oceanic, in painted wood, of a reasonable caliber (for masks that is, although a tad heavy). They possess a serene air, hardly disturbed by something that drips out of them (more precisely, has dripped) onto the cheeks, in thin tight streaks, like multicolored tears.
You are aware of my cautious curiosity; yet, I examine more closely. These tears do not however flow out of an eye. They are the eye itself, its continuation, its destiny, and its accomplishment. The concentric circles making up the pupil (and the iris, the white, the eyelids and lashes, etc...) drip in polychrome stripes onto the smooth black cheeks. The eye doesn't cry, the eye is cried.
These masks are transfer objects designed for mourning. The mask weeps for you while your dearly departed is buried (note the passive debaucherie).
This Oceanic mourning ritual is entirely concentrated in a vertical leak where color takes the place of pain.
But elsewhere, when you get down to the bottom of it, I think it's often the same thing. Thus goes mourning, from top to bottom...
"Letters tomy sister-in-law", Julienne Momobakou

Verticality restores painting to the pragmatics of its physical condition, to its status as a thing, to the effect of the real that its thickness procures. And when it flows from top to bottom, no one can deny that something has happened (not an act, but something prior to an act; an action). Something irreversible and determinate. Soemthing that has been stopped as well; stopped by the edge of the painting surface; not entirely however. In any event something has happened within these limits and what has happened beyond them is visibly soemthing else.
A territory therefore. And a bleeding beyond its boundaries, but also a reminder of the painting's screen function, of this verticality called for by the protocol of monstration that extends the symbolism of the window.
"Chute-décor", René Ramos

From then on, acrobacy can be understood as that which boldly braves gravity, that measures up to the latter with what are ostensibly inferior arms. The precarious arrogance of the living, in a certain sense.
"On the ramps, the metonymies of the skateboard", Sylviane Audoin-Teboul

The painter Merodack used to say that he owed his career to two ancestors; a sailor from whom he had inherited the instinct of the horizontal line in his blood. and a lumberjack who had beleagued him the feeling for the vertical. The painter Rimbert certainly comes from a family of lumberjacks.
" Mountain chronicles from June 30th, 1953 ", Alexandre Vialatte

Nowhere is there a place left for emptiness. Nor is there a place of total fullness or saturation. The manmade is thrifty, not a big consumer of plastic resources, with all the approximative rigor of the handmade. What has been made once has to be reproduced approximately. The variations of chance do the rest. For the game of formal repetition is not a reiteration; but, as Witold Gombrowicz says, "a law of artistic success that changes and causes what it repeats to change".
"The mermaid and the pants, an attempt to exhaust pharisian place", Ernesto Fi

It is not disappearance, but unappearance; that which no longer possesses the strength to appear there, when and where it should. As in, " There's less and less springtime ". And then, one day, without one being able to understand why, there isn't any left at all.
"Juste une mise au poing", Stéphanie Thantruong

Few people know to what extent sadness was required to ressuscitate Carthaginia.
"Correspondence", Gustave Flaubert

But I should say, what you make falls to pieces, for I do not think that you really paint. You act, you fabricate, you transform, you trigger, you reveal, but you don't paint. You no longer paint. You conceive images of painting (what's more, of abstract painting). Your painting deals with the mourning of painting's passing away, and more precisely with the finishing gesture of what is painted (that which completes the picture). If your works tend to begin in color, brushes in hand, under the auspices of necessity, they always end up left to the chance occurrences of contingency. You prefer the director's half-painted (who gets things rolling and then delegates tasks) to the craftsman's fully painted . Namely, this heroic and globalizing American half-painted, which brushes away our bourgeois taste for the tacky with a backhand
"Le peint total, mes billets à Heinrich Dreiser", Micheline Combat

What the knife has painted, no man can unpaint.
Catalonian proverb

Necessity resides in an intention's conformity to a canonical model (the monochrome, for example), or in the expression of a determinism (the drip, pure linear determination).
Contingency (the opposite and not the contrary of necessity) is what completes the painting.
There is also a certain form of despair at work in [...]; as if the painter incessantly repeated, "and now here's how you finish: in any old way, because I no longer know how to finish. Let's let contingency have its say. "Must one then:
Dynamite the exits when one does not know how to exit? Dynamite the exits rather than admit that one doesn't know how to exit? Dynamite the exits because one doesn't wish to leave in the same way as the others? Dynamite the exits to keep others from using the same ones?
"In France, everything ends up in contingencies", Geignard Colombo

It was also a matter of occupying a strecth of space, but of occupying it in a uniform way, like a gas might (with constancy and plenitude).
"To the right of God's hand, is God's left hand", Gédéon et Lourdès Bleuzes

Orange: the color orange is now a trademark of France Télécom. The other colors are still copy-free.
"The Colors Gazette", Béatrice Le Dentu


Maxime Matray
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