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Vue de l'exposition à La Galerie, Noisy-le-sec, 2010
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L’établi de Becquerel, lettre de son futur 2008
Sculpture, placage de chêne et noyer noir sur bois, plaque électronique gravée et étamée, 116 x 194 x 140 cm
Vue de l'exposition à La Galerie, Noisy-le-sec, 2010
L’établi de Becquerel, lettre de son futur constitue une réplique surdimensionnée de l’établi du scientifique. Réalisé à partir d’une image montrant Becquerel posant à ses côtés, l’objet est ici érigé comme symbole - voire comme monument propulsé depuis le passé, immuable - au même titre que sa propre ombre, signalisée et matérialisée par la marqueterie. Reposant contre l’un de ses pieds, une plaque jaune translucide gravée recto verso en lettres d’argent attire le regard : il s’agit de la lettre qu’Albert Einstein envoya au président Franklin Roosevelt en 1939 afin de l’inciter à déclencher le Projet Manhattan, lequel conduisit à la conception, la production et l’explosion de trois bombes atomiques en 1945. L’artiste juxtapose ici deux éléments de manière anachronique, créant ainsi une ellipse temporelle interrogeant les notions d’« avancée » scientifique et de fait historique.
Anne-Lou Vicente
Texte paru dans le journal de l'exposition Bettina Samson au centre d'art La Galerie de Noisy le Sec
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Comment, par hasard, Henri Becquerel découvrit la radioactivité 2008-2009
Série de 6 photographies argentiques sur papier baryté, 80 x 100 cm
Photographies Cédrick Eymenier
Les photographies noir et blanc grand format extraites de la série Comment, par hasard, Henri Becquerel découvrit la radioactivité procèdent de l’exposition de plans films pendant une à deux semaines au rayonnement issu d’une pechblende, un minerai d’uranium. Rejouant les conditions accidentelles ayant conduit le physicien français à cette découverte en 1896, l’artiste réalise de manière expérimentale et artisanale un ensemble de photographies en l’absence de toute source lumineuse à proprement parler, et révèle ainsi l’invisible. Relevant tant de la représentation de phénomènes occultes, objet de tous les fantasmes autant lors des débuts de la photographie que de l’abstraction picturale, celles-ci présentent des taches blanches sur fond noir tels des flashs de lumière. Les deux tirages numériques extraits de la série Nuclear Dust ont été soumis à une expérience identique, évocatrice des mêmes paysages stellaires.
Anne-Lou Vicente
Texte paru dans le journal de l'exposition Bettina Samson au centre d'art La Galerie de Noisy le Sec
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Comment, par hasard, Henri Becquerel découvrit la radioactivité 2008-2009
Série de 6 photographies argentiques sur papier baryté, 80 x 100 cm
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Portrait d’une Pechblende #1 2009
Portrait d’une Pechblende #2 2009
Série de deux photographies sur réseau lenticulaire, 33 x 45 cm
Photographie Cédrick Eymenier
La pechblende fut utilisée par Marie Curie afin de déterminer l’origine de la radioactivité préalablement découverte de façon hasardeuse par Henri Becquerel en 1896. Outre son usage à titre expérimental dans les séries photographiques Comment, par hasard, Henri Becquerel découvrit la radioactivité et Nuclear Dust, ainsi que dans la vidéo Cinq fois 3:30 d’expositions, Bettina Samson choisit ici ce minerai d’uranium utilisé à des fins scientifiques comme objet des deux photographies Portrait d’une pechblende #1 et #2.
Invoqué dans le titre de cette série, le genre du portrait caractérise formellement et individuellement chacun des spécimens de pechblende, leur attribuant ainsi de manière détournée des signes anthropomorphiques. L’image apparaît ici en négatif noir sur fond blanc , inversement à l’effet du rayonnement que le minerai produit sur un film, irradié et ponctué de taches blanches sur fond noir.
L’idée d’une image en creux se voit pourtant contrebalancée par le relief illusoire que lui procure son tirage sur une affiche lenticulaire. Mû par effet d’optique, l’objet semble ainsi accéder à une nouvelle dimension et produire une rémanence particulière. Immortalisé à travers ces portraits, il est rappelé à notre souvenir, et avec, ses « effets spéciaux » qui l’ont inscrit dans l’histoire des sciences, à la postérité. Anne-Lou Vicente
Texte paru dans le journal de l'exposition Bettina Samson au centre d'art La Galerie de Noisy le Sec |
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