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ARTISTES
DE A à Z


Érik SAMAKH 

Pièce d’eau 1997
Création d’un étang de 27 X 30 m pour assurer le développement de batraciens (concept d’opéra biotique). L’ensemble est protégé d’une structure en bambou pour réduire l’accès aux oiseaux prédateurs
Barbirey sur Ouche, Dijon
Photographies Érik Samakh

Body of water 1997
Creation of a pond measuring 27 X 30 m to ensure the development of batrachians (concept of a biotic opera). The ensemble is protected by a bamboo structure to limit the presence of birds of prey.


 
 
Pièce d’eau 1997
Réalisation de l'étang
 
 
Extrait de l'enregistrement du concert de la soirée de vernissage le 13 juin 1997
Composition d'Érik Samakh interprétée par la chorale Sing'All, dirigée par Philippe Lalitte
 
 
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Premières propositions de scénario pour chorale et étang
(lettre d’Érik Samakh du 26 janvier 1997)



... Les chanteurs se répartissent dans le public, par conséquent, dans la maison ou près de la maison (terrasses) d’où l’on peut voir les étangs.
À partir d’un signal (discret) de celui que l’on nommera « le Chef d’Orchestre », les chanteurs commencent à bourdonner à la manière de mouches ou d’abeilles, d’abord très doucement, presque comme des chuchotements et sans changer leurs comportements d’invités. Puis, doucement le ton monte et les bourdonnements s’accentuent.
Sur un nouveau signe du C.O. les chanteurs commencent à se regrouper en bourdonnant à l’extérieur de la maison sur la terrasse, tout en tenant le niveau sonore. Une fois « l’essaim » regroupé, le C.O. le mène jusqu’au nouvel étang, les bourdonnements sont plus calmes et s’éloignent. Dès que les premiers choristes se trouvent à 4 ou 5 mètres de l’étang et de la structure de protection, l’ensemble du groupe se tait et les chanteurs s’éparpillent en silence autour de la pièce d’eau. Nous sommes alors prêts à écouter la nature qui nous entoure (choeur et public).
C’est la tombée du jour (ajuster l’heure du « vernissage » en conséquence), moment où la plupart des espèces animales changent de comportement. Les émissions sonores animales se multiplient et se densifient jusqu’à la nuit. Chaque chant d’oiseau émis servira de déclencheur aux choristes initialement silencieux autour de l’étang.

A) Un ordre ou et une notion de proximité seront établis et au premier oiseau, le premier chanteur émettra un son répété et proche de celui d’un batracien en réponse à l’oiseau (N°1).
B) Toujours de façon préétablie un chanteur répondra au premier dans les intervalles de « silence ».
On imagine la suite : Deuxième émission sonore d’un oiseau = chanteur qui débute ses coassements dans l’espace de « silence » et un lui répond. Dès le 5ème ou 6ème chanteur les intervalles de silence auront peut-être déjà disparu. Pour cette raison les coassements devront être très espacés dans le temps. Si ce processus mis en place continuait ainsi nous serions obligés de construire une fin dépendante du temps classique du concert.
Plusieurs paramètres supplémentaires me semblent donc nécessaires :
C) Dès que tous les choristes chantent : le premier chant d’oiseau faisant suite à cette situation arrête le chanteur qui a débuté le choeur (A) puis le deuxième qui lui répondait.
D) Toutes ces émissions sonores sont émises dans l’attente d’une réponse d’un batracien réel. Si une grenouille émet un coassement : chaque choriste réduit alors l’intensité de son chant autant en fréquence d’émissions qu’en intensité. De la même manière qu’avec l’oiseau en (C), une première grenouille interrompt le premier chanteur (A) et son répondant.
E) Si, par chance, une grenouille émettait la première : le premier chanteur, après l’avoir écouté un moment, lui répondra en essayant d’être le plus proche de son chant. Son répondant faisant de même un peu plus tard. Naturellement toutes ces recommandations demandent aux choristes une attention particulière à l’ensemble des évènements sonores.
Lorsque finalement tous les choristes ont fini par redevenir silencieux, ils disparaissent dans l’obscurité avec le Chef d’Orchestre…
Il faudra établir, tout de même, une durée maximum à ne pas dépasser sans laquelle les choristes risquent de se retrouver seuls autour de l’étang.
 
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