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ARTISTES
DE A à Z


Gérald PANIGHI 

Bonne journée les diurnes 2013
Collage, impression jet d'encre, crayon et huile de lin sur papier, 29,7 x 42 cm
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les dessins de Gérald Panighi combinent textes et images populaires dans une pratique proche du remake (reprise) et du sampling (échantillonnage, élément détourné et réutilisé en boucle). L’artiste collecte, transfère, décalque, découpe et associe des motifs et des phrases populaires. Personnages de bandes dessinées, affiches de cinéma, étiquettes de vin, faits divers tirés de la presse écrite, anecdotes trouvées sur le net, phrases vécues ou entendues ici et là, s’entrecroisent de manière improbable. Sur les feuilles de papier nourries par l’usage et le temps, combinaisons incongrues et décalages absurdes proposent un registre poétique. Si l’image n’illustre pas le texte, les connections sont autant absurdes que sagaces. L’oeuvre possède un caractère fragile et intime. Une large place est laissée au vide et aux taches qui deviennent l’essence de
l’imagination et de la désacralisation du dessin. L’iconographie détournée, le papier vieilli ainsi que le texte tapé à la machine à écrire participent de différents espace/temps. Dans une approche parodique et paradoxalement révérencieuse, Matisse est, chez Gérald Panighi, projeté dans des univers où l’on ne l’attendait pas. Dans Bonne journée les diurnes créée pour l’exposition, l’artiste détourne des images de Pin Up qu’il fait jouer avec le motif de La Gerbe de Matisse. Le papier découpé devient un accessoire de mode glamour qui accentue l’atmosphère légère et l’élan de modernité des années 1950. L’image imprimée est associée à des phrases dactylographiées trouvées sur des forums pour alcoolo-dépendants. Panighi use du collage et du découpage pour créer des saynètes finalement assez punk. Le traitement plastique renforce ce caractère trash
et bas de gamme, mais la débauche, la détresse et l’ivresse sont captées avec subtilité. Trois temporalités (la silhouette féminine, le motif matissien et le texte) s’entrechoquent pour finalement s’unir avec sagacité et humour
Rebecca François

Extrait du catalogue « bonjour monsieur Matisse »
Edition Beaux-arts Magazine, MAMAC, 2013

 
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