Stéphanie NAVA 

Les tables sont arrivées dans mon travail après la résidence de Germinations en Hollande durant laquelle la langue de travail commune avec les sept autres participants européens était par commodité la langue anglaise bien qu’elle fût étrangère à tous.
Cela avait alors produit une certaine spécificité dans nos rapports durant ce séjour dont j’ai voulu rendre compte: l’usage d’une entité linguistique extérieure en tant que lien entre des individus, comme une manière assez étrange d’exterritorialiser en quelques sortes la discussion.
C’est justement autour du lieu de ces discussions que s’est concentré mon travail: la table.

Si ce meuble a un lien concret avec le fait de discuter, le repas étant le moment privilégié des conversations, il existe par ailleurs un lien étymologique extrêmement direct entre la table et le langage, ce mot désignant au départ les assemblages de planches de bois qui, étant par la suite recouvertes de cires, servaient à graver les textes: les tablettes.
Je songeai par ailleurs à ces rapports récurrents dans la langue française entre la table, la nourriture et le langage, notamment dans des expressions telles que passer à table qui signifie parler, dénoncer ses complices, dans le langage policier, et cette précision étymologique donnait ce rapport non plus forcément comme lié au seul repas, aux discussions entre convives, mais précisément en tant qu’attachement physique de ce meuble à la parole, à savoir comme lieu même de l’inscription de celle-ci.
Il en a résulté la fabrication d’une pièce: Union table pour convives internationaux, dont le principe interne est le même que celui des autres tables qui suivront, à savoir des objets dans lesquels un fonctionnement particulier de la parole a été rendu visible, tangible, dans ce principe de révélateur auquel je suis attachée.

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Voir Redoutable
Voir Le fond de la mémoire cache

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