Anita MOLINERO
 
   
 
Implantation de la sculpture sur le site
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Au premier coup d’œil
J’utilise cette expression d’une part pour ce qu’elle veut dire au sens commun, ce qui est perçu immédiatement, ce qui relève de l’évidence visuelle et d’autre part parce qu’elle combine et fait agir l’œil comme organe sexuel, comme le dirait Bataille; l’œil au bout du gland et / ou l’œil ouvert du vagin (tirer un coup-d’œil). D’une certaine manière elle va «comme un gant» à la sculpture que je vous présente y compris dans sa dimension publique. Une sculpture dans un espace public doit être perçue «au premier coup d’œil». La métaphore n’est pas là pour opacifier, mais pour donner à voir la sculpture, «à ciel ouvert» elle est à la fois intention, conditions de réalisation et de visibilité de l’œuvre.
Donc «au premier coup d’œil» on voit une cabine de téléphone hexagonale en verre qui contient un container de 330 Litres en plastique fondu, crevé (on revient à l’œil, crevé, cette fois) devenu informe (ce qui ne veut pas dire sans forme) «vaginalisé» en quelque sorte ce plastique est fondu, fendu comme une pupille qui vous regarde et que l’on regarde à travers les parois vitrées de la cabine… Le container est accroché au plafond de la cabine, flottant il prend appui sur les vitres, certaines parties donnant l’impression de s’écraser contre les parois; d’autres parties fondues sont étirées comme des lamelles, branchies ou tentacules et vont jusqu’au sol.

La cabine
La cabine téléphonique est essentielle à cette sculpture, elle lui donne une échelle et un scénario.
L’échelle
La cabine publique est un objet ordinaire placé dans la ville. Nous avons intégré ses dimensions, son volume de manière indiscutable Ce mobilier désormais familier a été pensé par rapport à une économie et un usage et donne à la sculpture des critères de proportions et de relation à son environnement.
Le scénario
La transparence de la cabine et son dessin géométrique tout en participant de la modernité de l’ensemble en font une forme à la fois «achevée et ouverte ce qui est dans mon travail un enjeu fondamental. La géométrie appelle son contraire: l’organique, et pour une sculpture» du premier coup d’œil «ces oppositions sont une garantie d’efficacité visuelle. Par ailleurs ce parti pris de l’objet usuel associé à l’objet informel évite les malentendus, les impasses souvent maladroitement formulées en interrogation sur le sens. A la forme normalement admise de la représentation, je substitue celle du scénario. Je remplace Qu’est ce que ça représente? Par Qu’est que je vois et Qu’est ce qui se passe? comme au cinéma.
Réponse : C’est une cabine de téléphone avec un «Alien» dedans. Je suis très intéressée par la coïncidence qu’il y a, à travers les effets spéciaux entre les films de sciences-fictions et mon projet artistique qui est de donner entre autres une forme à l’irreprésentable. Des effets de matières d’«Alien» aux effets spéciaux de «Matrix» (où la cabine de téléphone devient le véhicule permettant le passage d’une réalité à une autre). Dans cette sculpture, plus particulièrement, le scénario de «l’inquiétante étrangeté» qui prend toujours sa source dans le familier et l’ordinaire, est à l’oeuvre et visible «au premier coup d’œil» et à «ciel ouvert».

Sculpture «SMS»
A la suggestion formulée dans la commande «espace convivial», j’ai répondu par la sculpture «point de rencontre». Parler de cette sculpture, pour des étudiants pourrait commencer par l’échange d’un message SMS : R V cab Alien (rendez-vous cabine Alien). A. M.