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Les parcs d'attraction, les jardins dAcclimatation daujourdhui s'efforcent d'être dans l'interactivité, la mise en scène d'espaces scénarisés, la diversité (diversité d'attractions, d'univers, d'activités, d'ambiances
). Ces sites qui proposent de multiples activités d'éveil et de convivialité, doivent avoir un caractère instructif, ludique, sportif et familial. Chaque attraction est construite dans un souci d'assortiment ; décors, accessoires, mobiliers, son, costumes, personnages, fiction, tout sharmonise. Folly pourrait engendrer une distorsion, un déséquilibre qui aurait pour effet de créer un espace-temps à la fois attrayant, régressif et inconfortable.
Installée dans cette tour du XVIème siècle et visible après avoir visiter le parc de découverte le Vallon du Villaret, Folly évoque une architecture (une tour), un paysage, une décoration.
Si à lextérieur, le tulle au glaçage bleuté tend à imiter un drapé lisse, tels un rideau d'eau, une plaque de roche à l'aspect abrupt et glissant, la superposition et la répétition des couleurs vives et chaudes à lintérieur évoquent lidée dun foyer au sens propre comme au sens figuré dégageant ainsi pour le spectateur une sensation détouffement, de concentration. La seule échappée possible semble être la fuite, tête baissée. Ici, est-ce bien le temps d'une pause ?
Difficilement saisissable (elle ne peut être vue dans sa globalité), la structure échappe à la dimension domestique pour s'imposer dans une dimension "spectaculaire" - un décor stocké dans les cintres d'un théâtre à l'italienne ? - sans pourtant se proposer en tant quespace collectif. Suspendue, elle semble être en attente.
Dans les théâtres dit à litalienne, les changements de décors, les effets de machinerie sont destinés à surprendre et émerveiller le public des XVIIème et XVIIIème siècles par des apparitions spectaculaires, disparitions inquiétantes, vols complexes de dieux et de déesses, etc. Si la scène à l'italienne, à partir du XVIème siècle, a été inventée pour loeil du Prince (l'ordre idéal de l'espace sur scène renvoie implicitement à un ordre dans la réalité), en France, le décor des fêtes royales et des pièces à machines renvoie, lui, à une réalité : les villes, les jardins, les architectures, construits par Louis XIV, sont agencés sur un principe de symétrie, d'alignement et de rayonnement. Alors que le XVIIème siècle voit triompher une architecture de jardin sobre - à la française - avec son parterre de dessin régulier, le XVIIIème siècle rompt avec ce jardin jugé artificiel en mettant en avant le désordre, les rocailles, les vallées torturées, les serpentines, etc. Les paysages sont ornés de fabriques, éléments architecturaux ou édifices fantaisistes aux formes et fonctions variées : pavillon, pont, cascade, ruine, grotte, maison de coquillages, rotondes, tours, etc. A lappellation fabrique, les Anglais ont préféré le mot folly pour caractériser ces constructions dont sornèrent leurs parcs et jardins. Si ces architectures simposent comme des objets décoratifs, à comtempler, certaines permettent aux promeneurs de découvrir des endroits abrités pour se protéger du soleil ou des intempéries, des lieux dactivité ou simplement de repos au sein du jardin.
Véritable gloriette, Folly est-elle trop petite ou trop grande ? S'agit-il d'un petit pavillon de jardin, d'un kiosque à musique, d'une grande volière, dune cabane de repos, dun ballon sans nacelle, d'un manège sans véhicule, d'une boîte magique pour emballage, dune tour de Babel renversée, d'une caisse de résonance sans écho, d'une salle d'expérimentation en attente ? Le rideau est levé ; la salle de bal est retirée ; la cage obstruée. Quel spectacle doit-on attendre ? Peut-on faire partie de la parure ? Ne rien donner à faire.
E. M.
Amusement parks, and zoological gardens strive for interactivity, scenic stagesets, diversity (diversity of attractions, worlds, activities, environments
). these sites proposing multiple activities of initiation and conviviality, must have an instructive, playful, sporty, and familial aspect. Each attraction is constructed with a concern for coordination; decors, accessories, furniture, sound, costumes, characters, fiction. Everything is in harmony. Folly could engender a distortion, a disequilibrium whose effect would be to create a space-time which is at the same time attractive, regressive and uncomfortable.
Installed in this sixteenth century tower and visibleafter visiting the discovery park at the Vallon du Villaret, Folly evokes an architecture (a tower), a landscape, a decoration.
If, from the outside, the tulles blueish glazing tends to imitate a smooth drapery like a sheet of water, from the inside, a rock wall of an abrupt and slippery aspect along with the superposition and repetition of bright, warm colors evokes the idea of a home in the proper and figurative sense of the term, thus giving off a sensation of suffocation and concentration for the spectator. The only escape possible seems to be to flee, tucking ones head in. Is this the place for a moment of rest?
Difficult to grasp (it cannot be seen in its entirety), the structure escapes the domestic dimension to impose itself in a spectacular dimension -a decor stocked in the flies of an Italian-style theater? - without however proposing itself as a collective space. It seems to lie in a state of suspension.
In Italian-style theaters, the changes of decor and the effects of machinery are destined to surprise and astound the publics of the 17th and 18th centuries, through spectacular appearances and unsettling disappearances, complex flights of gods and godesses, etc. If, from the 18th century on, the Italian-style stageset was invented for the eye of the Prince (the idealized order of the space onstage implicitly refers to an order in reality), in France, the decor of the royal feasts and machine pieces refers to a reality: the cities, gardens,architectures, constructed by Louis XIV, are layed out according to a principle of symmetry, alignment, and radiance. While the 17th century witnesses the triumph of a sober garden architecture -à la française- with its flooring of regular design, the 18th century breaks with this garden judged artificial by emphasizing disorder, rockery, tortured valleys, serpentines, etc. The landscapes are ornamented with fabriques, fantasy architectural elements or buildings of various forms and functions: pavillion, bridge, waterfall, ruin, cave, house of seashells, rotundas, towers, etc. To the French term fabrique, the english preferred the word folly to characterize these constructions decorating their parks and gardens. While these architectures impose themselves as decorative objects to be contemplated, some allow strollers to discover sheltered places to hide from the sun or inclement weather, do activities or simply rest in the garden. A veritable gazebo, is Folly too small or too big? Is it a small garden pavilion, a musical kiosk, a large aviary, a cabin for resting, a balloon without a gondola, a merry-go-round without vehicles, a magical box, an upside-down tower of Babel, a resonance chamber devoid of echos, a room for experimentation waiting to be used? The curtain rises; the ball room is removed; the cage obstructed. What show are we waiting for? Can we partake in the finery? Provide nothing to do. |
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Folly Fabrique de jardin et fabrique de scène 1 2002
Structure recouverte de doublure et de tulle
Hauteur : 4 m, diamètre: 3.40 m et 1,60 m
Le Vallon du Villaret, Bagnols-les-Bains, Lozère
Photographie Guillaume Mialhe
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Structure covered with lining and tulle
Height : 4 m, 3.40 m, and ø : 1,60 m
Le Vallon du Villaret, Bagnols-les-Bains, Lozère
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