Mourad MESSOUBEUR
 
   
 
L’on pourrait regarder l’œuvre de Mourad Messoubeur au travers d’une rhétorique bipolaire : mouvement et immobilité, vie et mort, sculpture et peinture, science et art, préservation et destruction, intérieur et extérieur, peau et chair. Travail incessant sur la frontière, sur la limite entre deux états opposés, travail sur le volume et la surface comme métaphore ou synecdoque de tous les autres champs d’investigation.
Le travail à partir du cocon et des mises en culture de champignons vont générer des œuvres finales planes, des surfaces, prélevées, et fixées ; mais se révèle également un travail sur le volume : depuis ses inclusions de peau de pommes jusqu’à ses sphères et demi-sphères recouvertes d’images numériques renvoyant à l’univers urbain, il travaille dans les trois (quatre ?) dimensions de l’espace : Demi-cercle de la rétine, sphère de l’utérus, de l’oeuf ou de la planète, forme ovoïde du cocon, dilatation spatiale du temps de l’œuvre : il dit lui-même que le volume renvoie au vivant, à la vie, à la chose en devenir et que la surface renvoie à ce qui est figé, à ce qui est mort. Une fois que le cocon a produit, il prélève les surfaces et les fixe, les fige. Les traces vivantes ne deviennent surface et tableau qu’une fois arrêtées dans leur développement : l’avant et l’après, glissement du mouvement au statique : expérience du passage, de la peinture comme crime?
Bruno Mathis, extrait de texte, La Valette, décembre 2002

Cocon 2003
Culture de champignons sur verre, 180 x 50 x 50 cm
Vues d'exposition, Le Moulin, La Valette du Var

Au mur :
Transfert de culture de champignons sur papier, 45 x 45 cm

Cocon 1998
Culture de champignons sur verre, 190 x 45 x 45 cm