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ARTISTES
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Mireille LOUP 

Prophecies 2014
Ensemble de 22 photographies argentiques en Noir et Blanc et Couleur
Tirages Ultrachrome pigmentaires sur papier Hahnemühle Fine art Pearl 285gr. 100 x 100 cm et 30 x 30 cm, contrecollage sur aluminium Dibond, encadrés bois exotique caisse américaine à larges bords flottants 112 x 112 cm et 41 x 41 cm
Edition limitée à cinq exemplaires

Les modèles : Virginie Robert enfant et adolescente, Lasko Lascaridis, Léan Briet, Côme Jourdois, Marianne Mazet, Mireille Loup.

 
Deuxième épousée
 
Mesure
 
Juste Confiance
 
Déjà Traversée
 
Filet d'Oiseleur
 
Approcher
 
Prospérité
 
Se Modeler
 
Abondance
 
L'influence
 
Augmenter
 
Gens du Clan
 
Spontanément
 
Voyageur
 
Jeune Fou
 
Vue d'exposition, Museu da Imagem, Braga, Portugal, 2015
 

Une mariée ensanglantée se voit traversée par des fils barbelés, une noyée nous fait signe du fond des eaux, un enfant aux yeux inhumains nous observe derrière une fenêtre, des Etres translucides et flous se faufilent dans les ruelles encombrées d’une Chine actuelle. Ainsi nous encercle Prophecies.
Depuis une dizaine d’années, Mireille Loup évolue dans des créations photographiques qu’on pourrait appeler fictions fantomatiques.

Par l’usage du photomontage, elle assemble, dispose, recompose pour organiser en une image un récit de l’irréel, dans la suite logique de ses précédentes créations comme Esquives (2005), Nocturnes ou les garçons perdus (2007), Mem (2009), Les Autres (2011), 53.77 (2012), Là (2013), qui ont donné lieu à plusieurs publications et expositions en France et à l’étranger.
Sa dernière série Prophecies nous plonge cette fois dans un univers fantastique réalisé en Chine, à Shanghai et à Xian Cheng (près de Suzhou).

Prophecies nous parle de la présence errante des ancêtres, de l’invisibilité des choses, du discours de la tortue empruntée à la tradition taoïste, du non-agir de la pensée chinoise, entre temples, décors d’eau, personnages désincarnés et des titres mystérieux qui s’inspirent des soixante-quatre hexagrammes du Yi King. Elle soulève la question du ressenti, développe des hypothèses esthétiques sur ces éclairs fugitifs qu’on perçoit parfois et qui nous trouble un instant, elle rend visible à notre œil une possible fenêtre ouverte sur un autre monde.

Pour nous permettre de pénétrer dans ces voyages intérieurs, Mireille Loup s’inspire du cinéma oriental qui traite de l’anticipation et du paranormal, où les morts sont présentés dans des esthétiques différentes et parfois curieusement caucasiennes, ainsi que du cinéma fantastique américain des années cinquante.

Partie en résidence d’artiste en Chine en 2010, la majeure partie de ses pellicules argentiques 6 X 6 cm sont voilées lorsqu’elle les fait développer à son retour en Europe. Un spectre blanc et rouge recouvre presque chaque négatif, mais pas tous. Trois ans plus tard, à la relecture des images, elle décide d’en prendre parti, de faire acte de ce hasard signifiant, pour reprendre un terme de Carl Gustav Jung qui s’intéressait de très près à la philosophie chinoise.

Elle déterre les négatifs, les dépoussière, et fait interagir ses propres fantômes en exhumant les différents personnages qu’elle a photographié au cours des dix dernières années, dont elle-même, qu’elle imagine en noyée.

Un clin d’œil contemporain au premier autoportrait de l’histoire de la photographie réalisé par Hyppolite Bayard. Là encore, Mireille Loup rend hommage aux ancêtres.

 
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