Aïcha HAMU
 
   
 
Ceci n’est pas une séquence
Dans le futur proche et peu épatant d’une mégalopole tentaculaire, un chasseur de prime fait jaillir, par des trous creusés à la va-vite, des hectolitres d’hémoglobine de têtes plus ou moins identifiées. Ça ne l’épate pas outre mesure. Le jugement moral des autres, il s’en fout (vaut mieux pas moufter quand même) ; alors le jugement esthétique qu’un quidam pourrait malhabilement formuler sur ces drippinggore dans l’espace publique, vous pensez. Que le quidam soit Aïcha Hamu et qu’elle se trouve de l’autre côté de l’écran et de la feuille de celluloïd qui lui permet (via la fonction pause du lecteur de DVD) de reproduire archaïquement ses projections de fluides, il s’en bat l’œil. Que le quidam soit un badaud et qu’il se trouve de l’autre côté de la vitrine où l’artiste a transposé en wall painting fragmenté la forme molle ainsi obtenue, on peut, sans trop s’avancer, subodorer qu’il n’en a rien à braire. Le fait est qu’il ne verra sans doute jamais cette intervention écarlate et ceci pour trois raisons essentielles : il est très occupé par son métier, il ne s’intéresse pas du tout à l’art, il n’est ni de notre temps ni de notre espace. Il n’est, comme l’éclaboussure, qu’un dessin animé d’intentions fort peu reluisantes.
King Kameha

On The Air 2004
Glycéro, 2 x (240 x 320 cm) / 2 x (180 x 320 cm)
Vue d'ensemble et détails
Le Dojo, Nice
Photographies D.R.

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