documentsdartistes.org

ARTISTES
DE A à Z


Aïcha HAMU 

Sans titre 2011
Cuirs rouges, polystyrène, tissu
Dimensions variables
Vue d’ensemble de l’installation

Exposition La peinture autrement, musée national Pablo Picasso, La guerre et la paix, Vallauris
Commissariat : Maurice Fréchuret
Installation présentée dans le cadre de l’Art Contemporain et la Côte d’Azur


Peindre autrement, dessiner autrement. Telle est la proposition d’Aïcha Hamu qui, confrontée à un espace particulier – celui de la chapelle Picasso, La Guerre et la Paix à Vallauris – se voit pratiquement contrainte de trouver des solutions nouvelles. Comme les murs de la chapelle se prêtent mal à l’exercice, c’est dans l’espace que l’artiste va dessiner. Picasso déjà, il y a plus de cinquante ans, avait réalisé des dessins dans l’obscurité de l’atelier du Fournas à l’aide d’une lampe torche. Saisies par l’appareil photographique, les formes du faisceau lumineux que la main a créées, apparaissent sur le cliché. À son tour, Aïcha Hamu dessine dans l’espace au moyen de lanières de cuir rouge qui courent d’un point à l’autre ou qui, tressées en gros pompons, viennent le marquer de leur ponctuation écarlate. C’est tout un canevas de lignes souples et filantes qui vient habiter l’espace de la chapelle ou qui, en noeuds serrés, structure le vide de ses formes plombées. Dans cette installation, le choix du cuir n’est pas anodin. Ce matériau est riche de mille connotations en ce que, travaillé et usiné, il demeure encore et toujours de la peau. Il renvoie à celle du prisonnier lacéré par les coups du chat à neuf queues, ce fouet lui aussi tressé dans le cuir. Il garde en mémoire ou, pour mieux dire, il incarne le travail de toutes ces mains qui l’ont façonné, traité, coloré dans les peausseries artisanales comme il évoque les courroies qui servent à actionner les machineries des ateliers ou des théâtres. Lieux propices aux développements de l’imaginaire, ces derniers ouvrent sur le récit et la narration. À ce titre, l’oeuvre d’Aïcha Hamu est aussi bien le devant que l’arrière de la scène.

Maurice Fréchuret, 2011




Photographies : F. Fernandez




Retour