The Want Machine
Musée de la Photographie, Saint-Louis, Sénégal, 2022
Installation / co-création signée gethan&myles&ahamdou&amina&assane&aziz&ben&binta&doro&fatimata&jeanmarie&maï&malik&maodo&wali&yama
Cyanotypes, pagnes tissage mandjak, feuille d’or, œuvre textuelle en édition limitée - offerte au public
À Saint-Louis tout commence avec l’eau : l’Atlantique et le fleuve Sénégal ont forgé et nourri cette terre à la frontière du désert. De l’empire du Djolof au royaume du Fouta-Toro, du florissant port colonial au quotidien des pêcheurs et agriculteurs, ici l’histoire est construite sur l’eau. Le fleuve Sénégal, appelé « la rivière d’or » par les marchands trans-sahariens du Moyen âge et ainsi marqué sur les premières cartes des colonisateurs européens, continue de refaçonner le paysage et le pays. Et, de barrage en chenal, l’homme continue de refaçonner ce cours d’eau… Sur les images satellites on voit des ronds de verdure éclatantes nourris par les eaux du fleuve sortir des sables rouges du Sahara. Floraisons magiques, hallucinogènes. Du maïs et des tomates cerises qui poussent dans le désert. Visions de notre désir, notre besoin, notre « vouloir ». The Want Machine explore la science, la croyance mais surtout la valeur (d’un litre d’eau, de l’or, d’une tomate cerise en hiver, d’une vie humaine, d’une écosystème) : les œuvres s’inspirent des pagnes-monnaies (ancienne devise de l’Afrique de l’ouest) et de l’eau (sans doute la future devise du monde entier), mais aussi d’une tension révélatrice entre deux croyances – l’animisme et l’argent (car la valeur qu’on attache à des rectangles de papier imprimés d’icônes et de chiffres est, avant tout, une croyance). Peut-être que l’animisme, cette idée primordiale que nous, les humains, ne sommes pas la seule chose qui imprègne ce monde de sens et d’intention, pourrait nous aider à repenser nos rapports avec – et nos demandes sur – le monde et toutes
ses ressources ?
fraeme.art
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The Want Machine
Musée de la Photographie, Saint-Louis, Sénégal, 2022
Participatory installation by
gethan&myles&ahamdou&amina&assane&aziz&ben&binta&doro&fatimata&jeanmarie&maï&malik&maodo&wali&yama
Cyanotypes, mandjak woven 'pagnes', gold leaf, limited-edition text-based work free to all)
In Saint Louis, everything begins with water: the Atlantic and the Senegal River have shaped this land; from the Djolof empire to the kingdom of Fouta-Toro, from the prosperous colonial port to the lives of its modern fishermen and farmers; here, history is built on water. The Senegal River, known to the trans-Saharan merchants of the Middle Ages as “the river of gold” and marked as such on the first colonial maps, continues to reshape the surrounding landscape. On satellite images, circles of dazzling greenery nourished by the river’s waters emerge from the red sands of the Sahara. Magical, hallucinogenic blooms. Sweetcorn and cherry tomatoes grow in the desert. Visions of our desire, our need, our want. The Want Machine explores science, belief but above all value (of a litre of water, of gold, of a cherry tomato in winter, of a human life, of an ecosystem). The cyanotypes trace the destruction and regeneration of the Langue de Barbarie and are inspired by pagnes-monnaies (the cloth currency once used across West Africa) and by water (for many experts, the future currency of the world) but also by the friction between two beliefs – animism and money (lest we forget, the value we ascribe to pieces of paper printed with icons and numbers is, above all, a belief). Perhaps animism, this primordial idea that we humans are not the only thing that imbues this world with meaning and intention, could help us rethink our relationships with – and the demands we place upon – the world and its resources?
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