 |
|
|
 |
|
Le Satellite Brindeau est une ancienne centrale téléphonique. Haut lieu stratégique de la ville du Havre pendant la guerre, il était (et est encore aujourd’hui en tant que lieu de rencontre et de diffusion des arts contemporains) un espace d'émission et de réception de la voix des hommes.
C’est en ce sens que le titre de l’exposition fait référence au premier satellite artificiel Spoutnik 1, lancé par l’URSS le 4 octobre 1957 et dont on fêtera le cinquantième anniversaire cette année. Sa seule fonctionnalité a été l’émission d’un « bip-bip » sur les fréquences radio de 20005 et 40002 Mhz (dont on entend la bande son dans la projection).
Cette première exposition personnelle au Havre fait donc table rase et annonce une collaboration à venir avec le Satellite Brindeau. Le « bip » marque en effet le signal initial (la première émission) d'une série d'autres transmissions...
C’est qu’à l’heure de son inscription au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO, classement garant de sa pérennité, la ville du Havre n’a jamais tant incarné le fantasme de la destruction qu’elle soit militaire (les bombardements du 5 septembre 1944 ont fait table rase du centre ville), structurelle (la reconstruction a scellé dans ses fondations mêmes, ses propres ruines) ou accidentelle (les opérations de déminage des fond marins et du littoral normand sont quotidiennes, le Havre est par ailleurs notre plus grande réserve nationale de gaz) .
Tiraillée entre son devoir de mémoire et sa mutation contemporaine, elle est le site impossible d’un non-lieu : celui de l’utopie créatrice qui verrait dans la dévastation, la voie la plus sûre du changement et de la progression.
|
|
| |