GASC DEMOLITION
 
   
 
Restricted Area 2008
Une opération de Gasc DémolitionTM (avec l’aide de Rida Lamjaj)
Installation d'un chantier de démolition par explosifs dans le sous-sol de la Compagnie


Depuis le soir du vernissage, le protocole de visite est annoncé : suspendu à un ruban rouge marqué d’un effroyable « VISITOR », le carton d’invitation fait office de pass et autorise officiellement l’accès, par petits groupes accompagnés, à cette zone protégée d’un périmètre de sécurité. Le sous-sol, d’habitude interdit d’accès, est donc, à cette occasion, pour la première fois autorisé au public.
Sur les murs, les surfaces à affaiblir mécaniquement sont indiquées par des hachures bleues et les loges des cartouches d’explosif sont signalées par des flèches rouges.
Dans les piliers de soutènement de l’immeuble se logent des cartouches de TNT desquelles courent des mètres et des mètres linéaires de fils électriques.
À travers le dédale des salles et couloirs de ce labyrinthe, on suit précautionneusement cette installation d’artificier qui conduit au poste de tir situé au cœur même du dispositif d’effondrement.
On déambule ainsi dans l’espace de stockage obscur et les laboratoires photographiques rougeoyants de la Compagnie en faisant le constat que l’on est ici au cœur du lieu et que c’est bien au cœur des espaces, des choses et des hommes que se logent les plus terribles bombes. Car il s’agit plus ici d’une provocation kamikaze que d’une simulation technique.
Et c’est dans ce temps suspendu entre la fin du chantier et le jour du tir, ce moment « juste avant » la fin, que se joue la survie d’un lieu alloué à l’art, la conservation ou non d’une utopie.

Extrait du communiqué de presse