Badr EL HAMMAMI 

Entre nos mains 

J’ai réalisé en fin de l’année 2021 dans le cadre de cette résidence Méditerranée (FRAEME) à la friche la Belle de Mai (Marseille), durant 3 mois consécutifs, une démarche artistique en transformant l’espace de l’atelier en espace de rencontres autour de la question de la transmission d’histoires à travers  « les objets souvenirs » ou « les objets d’affects » dans la diaspora amazigh (berbère).
J’ai invité des personnes d’origine amazigh et des Marseillais qui possèdent des objets souvenirs en lien avec la culture berbère à venir raconter leur histoire et j’ai capté ces moments d’échanges par des enregistrements vidéo, du son, des photographies et des dessins.

Appartenant moi-même à cette culture de l’oralité, le récit des histoires passait souvent par les objets qui font de l’espace domestique un espace social dans lequel le « je » du dépositaire n’advient vraiment qu’en référence au « nous » qu’il évoque : famille, ancêtres, amis, deuils, mariages, naissances, lieux d’une mémoire commune. Par leur intermédiaire, mon souhait était de saisir une mémoire qui circule et se transmet d’un individu à un autre. 

L’œuvre finale s'est manifestée sous forme d’installations mixant instants d’oralité passés réactualisés au présent.
Le visuel créé pour exprimer les trajectoires plasticiennes et matérielles de ces objets s'est présenté sous la forme d'archives photographiques, sonores et vidéographiques, ainsi qu'également des dessins montrant les déplacements de ces objets avant leur arrivée à Marseille.

Quelques exemples des œuvres que j’ai  produites durant la résidence :

• Durant chaque rencontre, j’ai pris une photographie de la personne avec son objet personnel dont il a raconté l’histoire. Je l’ai invité une deuxième fois dans le même espace (l’atelier) et lui ai offert un tirage photographique noir et blanc pris pendant notre première rencontre. Je lui ai demandé ensuite de prendre à nouveau une photo avec la photographie que je lui ai offerte. L’œuvre finale a été présentée sous forme de photographie couleur montrant la personne tenant dans sa main la première photographie. 

• Par le biais des Polaroïd, j’ai pris une photographie de chaque objet et j’ai filmé la révélation de la photographie. L’apparition de l’image prend trois à quatre minutes. Pendant le temps de la révélation une voix off raconte l’histoire de l’objet jusqu’à l’apparition complète de cette image. Ce procédé m’a permis de sous-titrer la vidéo en langues française et anglaise lorsqu'il y a une narration en langue amazigh.

• J’ai demandé à chaque participant durant la rencontre de tracer sur une carte (mappemonde) la trajectoire de son objet et de lui-même, avant leur arrivée à Marseille. J'ai calqué ensuite le dessin de lignes tracées sur la carte sur une feuille blanche à dessin. Le centre de cette feuille se présente sous la forme d’un point noir représentant la ville de Marseille comme point d’encrage/ancrage. Chaque participant est représenté par une ligne de couleur différente. Le dessin final représente un groupe de participants et est accompagné d’un casque dont on peut écouter l’histoire de chacune et de chacun avec son objet.
D’autres formes de productions sont en cours de recherches.
une deuxième étape de ce projet aura lieu au Maroc ( en collaboration avec le Musée d'Art Contemporain Africain Al Maaden, Marrakech) durant les mois d’octobre à décembre 2022. J’y réactive le même procédé de recherches, mais cette fois directement avec la population berbère marocaine et en amazigh.

Badr EL HAMMAMI

 
Jean-Paul
 
Joel-Claude
 
Lydia
 
Mayssoun
 
Sabri
 
Sami
 
Soumilla
 
Tifawt
 
   
   
   
   
   
   
   
 
 
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