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ARTISTES
DE A à Z


Eric DUYCKAERTS 

La Boucle

La boucle matérialise dans l’espace l’enchaînement d’analogies de type : « A est à B comme C est à D » (A/B=C/D).
Un enchaînement d’analogies prend la forme suivante : A/B=C/D=E/F=.......Y/Z. J’ai voulu que cet enchaînement d’analogies se boucle. X/Y=A/B : on voit par là qu’au moment où l’enchaînement s’achève, il recommence à son point de départ. La boucle d’analogies fait s’enchaîner des objets, des formes, des figures. Tous ces éléments sont colorés et placés sur leur armature comme des notes de musique sur une partition. Il n’est pas indispensable de connaître la construction intellectuelle sous-jacente pour en comprendre le fonctionnement plastique, rythmique, harmonique. Cette pièce prend la forme d’un 8 horizontal. Elle renvoie au signe mathématique de l’infini. L’omniprésence de l’analogie dans la connaissance et dans les arts pose la question de savoir si, pour les êtres humains, la réalité ne se présente pas comme un enchaînement infini d’analogies sans début ni fin.
La boucle s’inscrit dans un travail d’exploration du geste artistique par des moyens qui lui sont a priori étrangers : ici, les mathématiques, les sciences cognitives. Comme toujours, cette approche côtoie les frontières du non-sense et de l’humour. L’universalité de la figure de l’analogie l’a rendue suspecte aux yeux des philosophes et des logiciens. Ma boucle d’analogies est une sorte de réhabilitation extravagante.
J’avais déjà abordé la problématique de l’analogie dans Analogy, installation vidéo exposée à la biennale de Venise (On Board, 1995) et au Frac Languedoc-Roussillon (Aperto, 1995). Elle figure dans la collection du Frac Languedoc-Roussillon. La Boucle a été construite et exposée au Frac Champagne-Ardenne (Reims, 1996) ; elle figure dans cette collection. La confiance de Nathalie Ergino dans un projet artistique qui semblait irréalisable a été déterminante.


The loop
The loop materializes in space the sequence of analogies of the type: “A is to B what C is to D” (A/B=C/D). A sequence of analogies takes the following form: A/B=C/D=E/F=... Y/Z. I wanted this sequence of analogies to be looped. X/Y=A/B: we can see, hereby, that at the moment when the sequence is wound up, it starts all over again at its point of departure. The analogy loop is given sequence by objects, shapes and figures. All these components are coloured and put on their infrastructure the way musical notes are put on a score. It is not crucial to be acquainted with the underlying intellectual construction to understand the way it functions visually, rhythmically and harmonically. This piece takes the form of a horizontal 8. It refers to the mathematical sign for infinity. The ubiquity of the analogy in knowledge and in the arts raises the issue of knowing whether, for human beings, reality is or isn’t presented like an infinite sequence of analogies, with neither beginning nor end. The loop is part of an exploratory work dealing with the artistic gesture, using methods that are a priori alien to it--here mathematics and the cognitive sciences. As always, this approach verges on the boundaries of non-sense and wit. The universality of the figure of the analogy has made it suspect in the eyes of philosophers and logicians. My loop of analogies is a kind of extravagant rehabilitation. I had already broached the issue of the analogy in Analogy, a video installation shown at the Venice Biennale (On Board, 1995) and at the Languedoc-Roussillon Regional Contemporary Art Collection centre [Frac] (Aperto, 1995). It is part of the Frac Languedoc-Roussillon collection. The Loop/La Boucle was constructed and shown at the Frac Champagne-Ardenne (Rheims, 1996), and is also part of that collection. The trust shown by Nathalie Ergino in an art project that seemed to be unrealizable was decisive.


La Boucle 1996
Acier, bois, matériaux divers, 200 x 700 x 100 cm
Collection Frac Champagne-Ardennes
Photographies André Morin

Voir Analogies