A l'entrée de la nef, une estrade en bois de 80 m2 et de 0,70 m de hauteur place le visiteur dans une position légèrement surélevée, telle un petit belvédère qui donne sur l’ensemble de l’espace. Le regard du visiteur est à la même hauteur que la ligne d’horizon dessinée par l’étendue blanche sur le mur du fond de la nef. La construction initiale de l’abbaye souligne un effet de perspective : le sol monte imperceptiblement et le plafond diminue. Quand on entre, on est surpris par la profondeur et la longueur du bâtiment (de l’extérieur, la bâtisse n’est pas si vaste). La mise en place d’un plateau en bois de 190 m2 vient accentuer cet effet.
Ce plan incliné est recouvert de poudre de pierre blanche très réactive à la lumière, récupérée dans une carrière proche, puis tamisée - presque un pigment - et travaillée en couches successives pour un velour mat et poreux, qui intensifie la sensation minérale du lieu et le contraste avec la végétation foisonnante et bruissante du dehors.
Amplifier le vide et le silence de la nef
étirer paysage - plan et horizon - cet espace qui aspire vers le haut
Huit projecteurs puissants (lampes à arcs) sont installés - deux par travées, masqués par le relief des piliers, pour un éclairage zénital fixe qui intensifie la lumière du jour. La luminosité qui émane de la surface blanche se réverbère alors sur les murs latéraux. Le plateau présente et élargit l’espace.
Le bois des quatre portes latérales est remplacé par du plexiglas translucide, derrière lequel quinze fluorescents graduables - cinq circuits de trois fluorescents, pour créer des zones lumineuses mouvantes et aux intensités variables à l’intérieur de chaque arche - diffusent une lumière blanche qui compose avec la lumière du jour.
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