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ARTISTES
DE A à Z


Noël DOLLA 

Noël Dolla
La larme militaire
ou
La ballade à dos d'âne
Pratiques anciennes
Peintures récentes


Débarbouiller la peinture de ses préjugés

English translation, click here


Noël Dolla présente une suite inédite d'oeuvres récentes. Cet ensemble de pièces (étendages, gâteaux Bobo, gants à débarbouiller la peinture, photographies, etc.) introduisent le spectateur dans un environnement qui le renvoie en permanence à la question de la peinture (et plus particulièrement à celle de la peinture abstraite). C'est à cette question que Dolla tente de répondre depuis une trentaine d'années, déplaçant continuellement son oeuvre dans des champs d'investigations qui lui permettent d'explorer la pratique picturale jusqu'à ses limites ou marges les plus fines. Mais ce travail rigoureux,volontairement sans image de marque identifiable, que l'artiste situe à la fois du côté de Barnett Newman et de Marcel Duchamp, opère sans affirmation absolue, à l'opposé de toute velléité démonstrative. Dolla n'est pas un donneur de leçon, il travaille l'incertitude, il interroge notre manière de regarder, notre point de vue de spectateur (au propre et au figuré). Il nous oblige à aborder la peinture dans une multiplicité d'espaces possibles (de la frontalité du mur, à l'échelle d'une salle, d'un paysage qu'il investit, à la surface d'un objet) ; il nous incite à ne plus considérer l'activité du peintre sous l'unique aspect d'une production d'images, ou d'un simple exercice de style sur surface plane...
Dolla aime travailler ce qu'il appelle son " côté ménager ", il utilise des objets modestes et familiers qui sont ceux du quotidien de la maîtresse de maison, du peintre en bâtiments, ou du pêcheur à la ligne. Ce vocabulaire mis en place depuis la fin des années 60 lui permet de réinvestir la peinture en explorant son actualité : ainsi le gant de toilette Géant attribué à Chrons sur lequel il essuie ses pinceaux jusqu'à le saturer de matière et de couleur, nous en dit autant sur la peinture et sa relation au temps qu'un tableau de maître dans un musée...

Françoise-Claire Prodhon, texte écrit à l'occasion de l'exposition de Noël Dolla à la Galerie Valentin, avril 2001

Noël Dolla
The military tear or
the donkey ride
Ancient customs
recent paintings

Unsnag painting from its prejudices


Noël Dolla presents a suite of unseen recent works. This ensemble of pieces (étendages, gâteaux Bobo, gants à débarbouiller la peinture, photographs, etc.) places the spectator into an environment which continuously confronts him with the question of painting (and more specifically that of abstract painting). this is the question Noel Dolla has been trying to answer for about thirty years, continuously shifting his work's fields of investigation which allows him in turn to explore pictorial practice to its very limits or most tenuous margins. But this rigorous work, willfully devoid of an identifiable trademark, which the artist situates simultaneously alongside Barnett Newman and Marcel Duchamp, functions without an absolute affirmation, opposed to all demonstrative urge. Dolla is not one to give lessons, working in incertitude, questioning our way of seeing (in the proper and figurative sense of the term). He obliges us to confront painting in a multiplicity of possible spaces (from the wall's frontality, to the size of a room, a landscape he invests, the surface of an object) ; he incites us to cease considering the painter's activity solely as a production of images, or a simple stylistic exercise on a flat surface...
Dolla likes to work what he refers to as his "household" side, using modest and familiar objects belonging to the day to day of homemakers, housepainters, or fly fishers. Elaborated in the 60's this vocabulary allows him to reinvest painting while assessing its relevance : thus the Géant's bathing glove attributed to Chrons on which he cleans his brushes to the point of saturating it with matter and color, tells us as much about painting and its relation to time as a master's painting in a museum...

Françoise-Claire Prodhon, text written on the occasion of Noel Dolla's exhibiton at the Galerie Valentin, April 2001.
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