Robin DECOURCY 

Mano a mano 2013
Alexandra Guillot, Robin Decourcy, Livre d’artistes

Correspondances photographiques.


Extrait de la Préface - Diane Pigeau
Ce corpus de photographies a été produit par des artistes. Produit, dans le sens où ils en sont les auteurs, qu’elles constituent des créations, une poïesis. Des photographies initialement prises ou composées dans la perspective de leurs démarches artistiques personnelles respectives ou simplement à titre biographique. Elles ont pu être utilisées à d’autres desseins dans des œuvres antérieures, participées de séries, ou simplement alimenter une banque d’images personnelle. Le fait est, que leur statut de photographie, d’image puis d’œuvre, tient dans leur reconfiguration, dans leur MONTAGE, les unes avec les autres, les unes par rapport aux autres, dans le fait qu’il ne s’agit plus d’une image mais d’images au pluriel, afin qu'elles puissent dialoguer car l'image seule ne peut pas grand chose. Une acception partagée à la fois par Jean-Luc Godard « Il n'y a pas d'image, il n'y a que des images. Et il y a une certaine forme d'assemblage des images : dès qu'il y a deux, il y a trois. C'est le fondement de l'arithmétique, le fondement du cinéma. […] Il n'y a pas d'image, il n'y a que des rapports d'images. [1]» et Georges Didi-Huberman « Voilà ce à quoi il faut renoncer : que l'image soit " une ", ou bien qu'elle soit " toute ". Reconnaissons plutôt la puissance de l'image comme ce qui la voue à n'être jamais l' " une-image ", l' " image-toute ". Comme ce qui la voue aux multiplicités, aux écarts, aux différences, aux connexions, aux relations, aux bifurcations, aux altérations, aux constellations, aux métamorphoses.[2]» Le montage est ici réalisé par le biais d’une CORRESPONDANCE où deux individualités échangent ; révélant des singularités mais surtout des correspondances sensibles dans leur rapport au monde. C’est de ce partage du semblable et du différent que l’amitié également procède et figure ici.
[1] Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard , Tome 2, Éditions les Cahiers du cinéma, 1998, p. 430.
[2] Georges Didi-Huberman, Quand les images prennent position – L'œil de l'histoire, 1, Les Éditions de Minuit, 2009, p. 256.

Extract of Preface - Diane Pigeau
[...]
This set of photographs was produced by artists. Product, in the sense that they are the authors, they are creations , a poïesis. Photographs originally taken or made in the context of their personal artistic projects or simply as biographical. They could be used for other purposes in earlier works, series, or simply supply a bank personal images. The fact is that their status as photography, images then works lies in their reconfiguration in their ASSEMBLY, with each other , against each other in the fact that it is not oly one image but images on plurality, so that they can communicate because the single image can not so much. Acception shared by both Jean -Luc Godard "There is no picture , there are only images. And there is some form of image stitching : as soon as there are two, there are three. It is the foundation of arithmetic, the foundation of cinema. [...] There is no picture , there are only reports of images. [1]" and Georges Didi -Huberman " That is what we must give : the image is " a " or whether "any ". Rather recognize the power of the image as what the vows never to be the "one image", "image - all ." Like what dedicated to the multiplicities discrepancies, differences, connections, relations, bifurcations , alterations, the constellations, the metamorphoses . [2]" The assembly is done here through a CORRESPONDENCE where two individuals exchange ; revealing singularities but especially sensitive correspondence in their relation to the world . It is this sharing similar and different that makes friendship and also listed here . [...]
[1] Jean -Luc Godard Jean- Luc Godard , Volume 2 , Editions Cahiers du cinéma , 1998, p. 430 .
[2] Georges Didi- Huberman, When images are position - The eye of history , 1, Les Éditions de Minuit, 2009, p. 256

 
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