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ARTISTES
DE A à Z


Antoine D'AGATA 

1001 nuits
Une installation photographique de forme expérimentale, trace unique et définitive d’un huis clos psychologique éclaté dans l’espace et le temps.
Ce projet de livre et d’exposition donnera une forme finale à dix années d’engagement et d’implication extrêmes, de réflexion et de prises de positions sur la nature autobiographique de toute œuvre d’art, sur l’expérience et le désir du monde.
Entre 1991 à 2004, Antoine d’Agata a vécu et travaillé la nuit dans de nombreuses villes à travers le monde : Alexandrie, Athènes, Bamako, Banja Luka, Braga, Conakry, Le Caire, Essaouira, El Paso, Guatemala, Gaza, La Havane, Hong Kong, Hambourg, Istanbul, Johannesburg, Katowice, Livingstone, Los Angeles, Marseille, Matamoros, Mexico, New Orléans, New York, Nijni Novgorod, Nuevo Laredo, Oslo, Palerme, Paris, Porto, Port-au-Prince, San Salvador, Tijuana, Tokyo, Tombouctou, Vigo etc…
Aujourd’hui, cette odyssée déglinguée touche à sa fin pour des raisons liées à son parcours personnel et à la nature même de son travail qui a évolué vers de nouveaux champs d’expérimentation.
« 1001 Nuits » constitue un tout, des prises de vues jusqu’à la forme finale de l’installation, et ne peut être réduit à une de ses composantes. La même logique anime des méthodes de travail très personnelles, la nature autobiographique de la retranscription de ces errances nocturnes, et le caractère à la fois fragmenté et homogène du bloc final.

1001 nuits 1998
Vue d'ensemble, format 2,25 x 17 m

« L’envie était de montrer beaucoup d’images, de montrer le tourbillon plus que de voir les meilleures images, les icônes. L’envie était ailleurs, l’envie était de montrer au même tire les bonnes et les mauvaises photos, l’envie était un petit peu de ramener les choses à l’essentiel, et encore une fois l’essentiel pour moi n’était pas dans les images elles-mêmes mais était dans l’accumulation, dans l’obsession, dans tout ce qui n’est pas photographie. »

« Une exposition ce n’est pas un étalage, quoique, mais c’est une longue longue phrase qui dit quelque chose, si c’est possible, et chaque image a un rôle très limité à la fois essentiel et à la fois très limité dans cette construction. Le but est de dire des choses. L’envie était de raconter quelque chose en fait, et pour ça il me fallait beaucoup d’images. A cause de ma façon de photographier je n’ai jamais prétendu dans une simple image, comme des gens comme Cartier-Bresson ont pu le faire de reconstruire le monde au sein d’une image parfaire et figée et immuable. Je crois que de plus en plus j’ai photographié des fragments de réalité avec tout ce que ça implique comme limitation, c'est-à-dire que j’ai photographié des fragments isolés souvent difficiles à recontextualiser ou à replacer ou à resituer. L’envie pour cette exposition était de reconstruire le puzzle de la réalité telle que je peux la percevoir et de rabaisser un petit peu encore la prétention de toute photographie. »

« L’envie était de reconstruire le monde tel que je peux le percevoir. »

« J’ai arrêté de faire des images, il y a un an environ, de mes diverses déambulations, et je crois, pour diverses raisons, que j’ai tourné un petit peu la page, en tout cas cette page, et que j’avais du mal à regarder ailleurs, j’avais du mal à regarder autre chose et autrement, et que j’avais vraiment besoin d’affirmer et confirmer. J’avais besoin un petit peu de figer d’une façon ou d’une autre toutes ces images et le livre comme l’exposition sont les seuls manières à ma disposition pour le faire. Je crois que la page était tournée depuis un moment mais qu’il fallait arriver à ce stade de l’exposition et du livre pour avancer. »