Marc CHEVALIER
 
Une colline de poche 2004
Panettone, bonsaï

Cractus 2005
Pain, cactus

Chez les Grecs, l’élaboration du pain indiquait le degré de civilisation des peuples. Ils distinguaient les alphêtês (mangeurs de pain) des ômêstês et balanêphagoi (mangeurs de viande crue ou mangeurs de glands) à savoir les barbares, les sauvages. Le pain, objet de partage et d’union, symbole par excellence de prospérité et de culture se retrouve parfois corrompu par de la mauvaise graine : les germes se développent dans la mie et, tôt ou tard, apparaît une irruption parasitaire sous La croûte, elle se rompt, c’est le Cractus. "Dans la vie, il n’y a que des Cractus, il y en a même dans l’heure qu’il est et je me pique de le savoir " chantait Jacques Dutonc en 1968 quand, Geoges Prompidou alors Premier Ministe taitait de " Cractus "les gens qui formulaient des opinions défavorables su sa politique. Ainsi de fil en aiguille, les cactus finirent par symboliser les difficultés apparaissant dans les entreprises communes et les gloses agaçantes qu’elles suscitent. Du point de vue des botanistes, le cractacée est de la famille des plantes garces, chez les sémiologues, il est dans le clan des peaux de banane, pièges faciles à éviter, mais qui ralentissent la progression et altèrent la démarche. Il est singulier de noter à ce sujet que pendant les conférences de Tilsitt qui durèrent quinze jours, le Tsar Alexandre, conviait fréquemment Bonaparte à dîner. Mais ce dernier, qui rêvait déjà de saigner la Russie, refusait toujours. Craignait-il de découvrir un Cractus en rompant le pain avec Alexandre ? Autrement dit, s’il convient de s’assoir sur cette vermine épineuse quand elle s’enracine dans notre pain et tarit sa substance symbolique en le vidant de sa signification originelle pour le métamorphoser en une sorte de bibelot comique, suggérant l’exploitation vorace du monde au profit d’une barbarie, c’est pour engourdir son audace allégorique et l’incliner plus raisonnablement, vers l’objet de style en charabia, cactus et pain, pour un ornement singulier d’une table de ferme en planches équarries, et qui somme toute, vaut bien un bouquet de fleurs. (L’effet eut été moins probant si j’avais semé des cornichons dans une purée de patates).


Sans commentaires 2004
Éclair au chocolat papier hygiénique
Photographies M. C.